Paris, le samedi 6 octobre 2012 - Ce n'est un secret pour
personne, ce que nous cachons nous définit parfois mieux que ce que
nous laissons apparaître. En tout état de cause, des milliers de
prêtres, d'artistes et de psychanalystes ont vécu sur ce postulat !
L'un des symboles les plus marquants de cette traque du dessous des
choses est le grand cas que depuis désormais plus d'un siècle nous
faisons de l'inconscient. Il en sera d'ailleurs une fois encore
question ce dimanche à la sortie de la messe dans l'émission
présentée par Raphaël Enthoven sur Arte. Le philosophe recevra la
psychanalyste Monique David-Ménard pour évoquer ce que certains
appelaient jadis nos « âmes ».
Transplantation
Dévoiler, mettre à nu, extirper : tel est également le dessin de
Miku Enomoto et de Saiko Maeda. Les deux artistes présentent à
Bruxelles leurs nouvelles œuvres, assemblage de différentes
matières, créations textiles, photographies mis au service de leur
dernier projet en date baptisé « Transplantation mutation ». De
fait, les « sculptures » de Miku Enomoto évoquent, selon la galerie
10/12, des images au microscope. Chez Saiko Maeda, nous sommes dans
une évocation plus proche de l'inconscient, avec ses sculptures en
sucre des objets que nous oublions au jour le jour. Déroutant.
Gestation
C'était dans ses entrailles et ça a oublié de grandir. « Ça »
c'est la petite fille que porte le personnage principal de la pièce
d'Anne Nozière jouée au théâtre La Colline à Paris. « La Petite »
nous raconte la collision entre le temps figé de cette gestation
qui n'évolue plus et le désordre du monde. La pièce est en outre
une réflexion non seulement sur la féminité, la maternité, le temps
mais aussi sur le théâtre puisque l'héroïne est comédienne. Ici
d'ailleurs le théâtre figure des entrailles puisque le personnage
principal y est né et la mise en abyme proposée par l’auteur est
sans doute une tentative de métaphore de la maternité.
Exploration
Ce qui ne se voit pas, à l’œil nu, ce sont également pour les
médecins, les virus, les bactéries, l’ensemble des agents
pathogènes que nous redoutons et que nous traquons. Alexandre
Yersin donna son nom à l’un d’eux, l’un des plus célèbres Yersinia
Pestis. C’est l’histoire de ce médecin et scientifique hors du
commun qui a traversé l’histoire bouillonnante du XXème siècle que
nous raconte le dernier roman de Patrick Deville, « Peste et
Choléra ». Son style journalistique, clair et limpide, nous emmène
sur les traces de celui qui côtoya Pasteur, Calmette ou encore Koch
avant de filer tel un Rimbaud de la science vers le Vietnam.
Découvrir d’autres entrailles de la terre.
Ainsi soit-il et bon week-end.
Illustration : sculpture de Miku Enomoto
Aurélie Haroche
Copyright © http://www.jim.fr