Le manque de sommeil est associé à l’excès pondéral chez
l’adulte mais aussi chez l’enfant. Les mécanismes pouvant expliquer
cette association qui semble plus marquée chez les garçons que chez
les filles sont multiples. Il pourrait s’agir d’une relation
causale, la privation de sommeil entraînant des modifications
hormonales perturbant les sensations de faim et de satiété. Mais
des facteurs confondants peuvent aussi rendre compte de cette
association, une durée courte de sommeil étant souvent liée à une
hygiène de vie globalement défavorable.
L’étude de Jong et al. a examiné, chez des enfants de la ville
de Zwolle aux Pays-Bas (n=4 072) la durée estimée de sommeil et sa
relation, d’une part avec le statut pondéral et d’autre part
avec les caractéristiques socio-démographiques et le contexte
environnemental. Les données cliniques (poids, taille et tour de
taille) étaient mesurées par une équipe entraînée. Les autres
informations étaient déclaratives, recueillies à l’aide de
questionnaires fournis aux parents.
La prévalence de l’excès pondéral (incluant 1,7 % d’obésité)
était de 11,7 %. La durée de sommeil s’échelonnait entre 9 et 13,25
heures chez les 4-8 ans et entre 8,5 et 12,5h chez les 9-13 ans.
Une durée courte de sommeil était associée à l’excès pondéral chez
les garçons de 4 à 8 ans et de 9 à 13 ans. Chez les filles,
une telle association n’était retrouvée que dans la tranche d’âge
9-13 ans. Un ajustement sur le statut ethnique et socio-économique
de la famille et sur la consommation de boissons sucrées modifiait
peu les résultats. Mais l’intérêt particulier de cette étude est
d’établir les déterminants de la durée de sommeil. Ainsi, une
courte durée de sommeil est associée à davantage de temps passé
devant la télévision, notamment lors du repas, à une heure de
coucher tardive, à des activités sédentaires lors du temps de garde
et à la permission de consommer des friandises sans
autorisation.
Cette étude transversale ne permet pas d’établir la causalité
entre la durée courte de sommeil et les déterminants précédents et
encore moins d’expliquer comment la privation de sommeil favorise
la prise de poids. En revanche, elle donne des pistes concernant
les recommandations pratiques qui pourraient être faites aux
parents pour favoriser le sommeil de leurs enfants et tenter
d’empêcher la prise excessive de poids.
Dr Boris Hansel
de Jong E et coll. : Association between sleep duration and overweight: the importance of parenting. Int J Obes., 2012; 36: 1278-84.
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