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Une lecture critique des articles évaluant les biothérapies dans la polyarthrite rhumatoïde

Publié le 25/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La « médecine basée sur les preuves » repose sur la mise en place d’études contrôlées dont la méthodologie est bien définie. Mais il importe de connaître avec précision comment a été constituée la cohorte des sujets inclus dans ces travaux, seul moyen de savoir à quel type de population on pourra appliquer les résultats d’un essai.

Le développement des biothérapies pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR) a produit de nombreuses études contrôlées et une équipe d’Ankara a évalué la qualité de la description de la constitution de la cohorte des sujets inclus dans ces essais.

Les auteurs ont ainsi relu 66 études référencées dans PubMed, portant sur les biothérapies actuellement disponibles dans la PR (étanercept, infliximab, adalimumab, golimumab, certolizumab, abatacept, tocilizumab, et rituximab)

Vingt-trois (35 %) études mentionnent le nombre de patients présélectionnés pour y participer, et seulement 13 (20 %) décrivent parfaitement le processus de recrutement, et le flux des sujets.

Les auteurs ne trouvent aucune différence en fonction de l’année de publication, du journal dans lequel l’article est publié, ou encore du sponsor industriel éventuel.

Quand l’information est disponible, la fraction de sujets éligibles est au final de 80,6 % en moyenne. Autrement dit, il faut  passer au crible 1,28 sujets pour finalement en recruter un.

Ainsi peu d’études, pourtant contrôlées, décrivent suffisamment le processus de recrutement des sujets, ce qui introduit potentiellement un biais impossible à évaluer. Il devient alors aléatoire d’extrapoler les résultats d’un essai donné à toutes les PR. Par exemple les  études favorisent souvent la sélection de PR sévères afin d’augmenter les chances de démontrer un effet du produit testé. De même il s’agit souvent de PR évoluant depuis longtemps. Il est donc difficile d’appliquer les résultats à des PR récentes, ou moins sévères. Cependant les auteurs tempèrent ces critiques car quand les données sont disponibles, on peut juger que les résultats sont généralisables à 80 % des PR tout venant, ce qui n’est déjà pas si mal.



Dr Laurent Laloux


Simsek I et coll. : Incomplete reporting of recruitment information in clinical trials of biologic agents for the treatment of rheumatoid arthritis : a review. Arthritis care & research. 2012; 64 : 1611-1616




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