Le Haut conseil de santé publique préconise d’avancer l’âge de la vaccination contre le HPV

Paris, le mardi 22 janvier 2013 – Au printemps 2007, le Conseil supérieur d’hygiène publique (CSHP devenu aujourd’hui le Haut conseil de santé publique, HCSP) créait la surprise en recommandant que la vaccination anti HPV soit mise en œuvre chez les jeunes filles à partir de l’âge de14 ans. Une telle préconisation semblait aller à l’encontre de toutes les recommandations émises à l’étranger : en Autriche, la vaccination est conseillée dès l’âge de 9 ans, aux Etats-Unis à partir de 11 ans et en Australie entre 12 et 13 ans. Cette spécificité française n’a pas manqué d’être fréquemment interrogée et les appels se sont multipliés pour que les « sages » modifient leur avis. Plusieurs sociétés savantes, tels le Groupe de pathologie infectieuse pédiatrique (GPIP) ou la Société française de pathologie (SFP) se sont récemment associées à la voix de ceux regrettant que la vaccination ne soit pas instillée plus précocement en France.

Une multitude d’arguments en faveur d’une vaccination dès 11 ans

Les arguments en faveur d’une telle orientation sont nombreux.

Ils sont d’abord d’ordre pratique : à 11 ans, les jeunes filles font encore l’objet d’un suivi « régulier » et sont moins enclines à s’opposer aux suggestions de leurs parents (ou de leur médecin). Par ailleurs, à 11/12 ans, les enfants doivent bénéficier d’un rappel vaccinal concernant l’immunisation contre la diphtérie, le tétanos et la polio, ce qui constitue une occasion de recommander parallèlement la vaccination contre le HPV.

Les arguments sont également immunologiques : certaines études auraient mis en évidence l’obtention d’une réponse immunitaire plus forte en cas de vaccination entre 10 et 14 ans, par rapport à une vaccination après 15 ans.

Enfin, des raisons d’ordre sociétales évoquées par le site Pourquoi docteur ne doivent pas être éludées. A une époque où les vaccins suscitent une certaine méfiance et tandis que beaucoup n’hésitent pas à leur associer la survenue de différentes maladies auto-immunes, une vaccination précoce permettrait de limiter l’apparition concomitante de pathologies auto-immunes (bien plus rares vers 11 ans qu’après 15 ans), ce qui permettrait de restreindre les risques de controverses et d’inquiétudes.

Quid des garçons ?

Il semble que ces différents arguments aient eu enfin raison des réticences des membres du HSCP qui, dans un avis publié la semaine dernière, s’est prononcé en faveur d’un avancement de l’âge de la vaccination HPV des jeunes filles dès 11 ans. Si les sages ont été sensibles aux différentes raisons soulevées par le GPIP ou la SFP, ils ont également été alertés par la faible couverture vaccinale observée en France, qui plus est en régression, puisqu’elle ne dépasse pas les 35,8 % chez les jeunes filles de 17 ans, contre 39,4 % en 2010. Des taux très insuffisants pour assurer une protection de la population et qui sont à mettre en regard avec ceux constatés dans de nombreux autres pays. Au Portugal et en Grande-Bretagne, par exemple, 80 % de la population cible était vaccinée en 2011 ! En avançant l’âge recommandé de la vaccination, les experts de santé publique espèrent obtenir une augmentation significative du nombre de jeunes filles protégées.

En attendant une nouvelle préconisation concernant l’immunisation des garçons, déjà recommandée dans plusieurs pays.

Aurélie Haroche

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