Moins d’épilepsies chez les petits britanniques

Une diminution du nombre des enfants épileptiques a été constatée à la fin du 20e siècle dans les pays scandinaves. La même tendance semble se dessiner dans d’autres pays occidentaux. Une étude de cohorte, bien menée, indique que l’incidence des épilepsies, au cours des premières années de vie, a significativement baissé au Royaume Uni [RU].

Les données sont tirées d’une base de soins primaires qui couvre environ 5 % de la population du RU. La cohorte inclut 344 718 enfants nés entre1994 et 2008 et suivis depuis leur naissance pendant 4,3 ans en moyenne, soit près de 1,5 million d’années de suivi. Les cas d’épilepsie ont été identifiés par les prescriptions répétées d’anti-épileptiques, et, en complément, par les codages du diagnostic d’épilepsie (traitée ou non) ou de convulsions non fébriles.

Les incidences cumulées ont été calculées sur la cohorte entière, et les incidences annuelles sur une fraction de la cohorte :

1. Incidences cumulées. De 1994 à 2008, 0,38 % à 0,68 % des enfants de 0 à 14 ans ont fait des premières crises d’épilepsie avant l’âge de 5 ans, 0,38 % en se basant sur les prescriptions répétées d’antiépileptiques, 0,68 % en rajoutant les codages d’épilepsie et de convulsions non fébriles. Le taux des enfants devenus épileptiques avant 5 ans a diminué avec le temps : les enfants qui ont eu une prescription d’antiépileptiques et un diagnostic d’épilepsie ou de convulsions non fébriles représentent 0,53 % des enfants nés en 2003-2005 versus 1 % des enfants nés en 1994-1996, soit une baisse de la moitié (47 %). La baisse n’est que de un tiers (33 %) si on ne tient compte que des prescriptions d’antiépileptiques.

2. Incidences annuelles. De 2001 à 2008, chez les enfants de 0 à 7ans, il est survenu entre 71 et 116 cas d’épilepsie par 100 000 personnes-années à risque, 71 d’après les prescriptions répétées d’antiépileptiques, 116 d’après les prescriptions d’antiépileptiques et les diagnostics d’épilepsie et de convulsions non fébriles. Autrement dit, si 100 000 enfants de 0-7 ans sont suivis une année on doit s’attendre à voir apparaître 71 à 116 cas d’épilepsie parmi eux. La densité d’incidence annuelle de l’épilepsie est plus élevée chez les enfants de moins de 1 an que chez les enfants de 1 à 7 ans, chez les garçons que chez les filles, et chez les enfants de milieux pauvres que chez les enfants de milieux aisés. Le nombre de nouveaux cas d’épilepsie a diminué avec le temps : après ajustement par l’âge, le sexe et le niveau socio-économique, le nombre des prescriptions d’antiépileptiques a diminué de 4% par an après 2001, le nombre des prescriptions et des diagnostics d’épilepsie et de convulsions non fébriles a diminué de 9 % par an après 2001.

Ainsi, d’après des données de soins primaires, l’incidence de  l’épilepsie tend à diminuer chez les enfants britanniques par rapport aux années 1990. (Toutefois, depuis 2005 on note une stabilisation). La diminution peut être expliquée par des critères de diagnostic d’épilepsie plus stricts, le non traitement de certaines épilepsies, et/ou la raréfaction de plusieurs causes d’épilepsie lésionnelle, notamment les méningites (introduction de la vaccination contre la méningite C pendant la période de l’étude) et les traumatismes crâniens sévères. Il serait intéressant de savoir si on observe le même phénomène en France.

Dr Jean-Marc Retbi

Référence
Meeraus WH et coll. : Childhood epilepsy recorded in primary care in the UK. Arch Dis Child., 2013; 98: 195-202

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