Un audit du protocole « hypoglycémie néonatale » en maternité

L’hypoglycémie néonatale pouvant entraîner des séquelles cérébrales et un décès, la plupart des maternités se sont dotées de protocoles pour la détecter et la prévenir chez les nouveau-nés « à risque ».

Pour évaluer l’efficacité de ces protocoles, il faut que leurs directives soient respectées, ce qui n’est pas toujours le cas. Une maternité australienne a donc voulu savoir ce qui se faisait réellement dans ses murs.

Son protocole définissait les catégories de nouveau-nés à risque en suites de couches et il prévoyait notamment deux tétées, avant H1 et avant H6, avant la première glycémie par bandelette réactive à la 7e heure de vie.

Un audit a été réalisé en consultant les dossiers des 581 nouveau-nés à terme nés durant deux mois consécutifs, et les feuilles d’alimentation des seuls nouveau-nés à risque.

Vingt pour cent des enfants (115/581) ont subi au moins une glycémie le premier jour de vie. Il s’agissait de nouveau-nés ayant des facteurs de risque : diabète maternel (67, dont 65 fois un diabète gestationnel), poids de naissance insuffisant (18), ou excessif (2), aspect dénutri ou mauvais état (22), mais aussi de nouveau-nés hors protocole, qui avaient un poids inférieur au 10e percentile mais supérieur aux limites de poids fixées (8). Neuf enfants ont eu besoin de soins intensifs ; les 106 autres sont restés auprès de leur mère et ont bénéficié de 3,2 glycémies en moyenne pendant leur séjour.

A deux exceptions près, les enfants des deux principales catégories « à risque » ont été bien identifiés : 67 nouveau-nés de mère diabétique sur 68 et 18 nouveau-nés de petit poids sur 19.

Chez les enfants restés auprès de leur mère, les 2 écarts les plus fréquents avec le protocole étaient des retards sur les horaires prévus. La première tétée n’a eu lieu durant la première heure de vie que pour 39 % des enfants (âge médian au premier repas : 86 min). La césarienne, mais pas l’allaitement, était un motif de retard. La première glycémie par bandelette réactive n’a été faite avant H7 que chez 61 % des enfants (âge médian à la première glycémie : 6,5 h).

L’incidence de l’hypoglycémie a été de 9 %. Toutes les hypoglycémies sont survenues le 1er jour de vie et ont été modestes (entre 2,0 et 2,5 mmol/l) et asymptomatiques, ce qui peut s’expliquer par le fait que le premier dosage de glycémie a été fait après 2 repas de lait.

A la suite de l’audit, des mesures ont été prises pour améliorer l’adhésion au protocole.

Cet article illustre une démarche de qualité en maternité, l’audit du protocole « hypoglycéme néonatale » en suites de couches, suivi, éventuellement, de mesures correctives. Une telle démarche peut éviter des séquelles cérébrales à un certain nombre de nouveau-nés à risque.

Dr Jean-Marc Retbi

Références
Sundercombe SL et coll. : Audit of a clinical guideline for neonatal hypoglycaemia screening. J Paediatr Child Health. 2013; Publication avancée en ligne du 24 juin. DOI: 10.1111/jpc.12293.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir à cet article

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.


Lorsque cela est nécessaire et possible, les réactions doivent être référencées (notamment si les données ou les affirmations présentées ne proviennent pas de l’expérience de l’auteur).

JIM se réserve le droit de ne pas mettre en ligne une réaction, en particulier si il juge qu’elle présente un caractère injurieux, diffamatoire ou discriminatoire ou qu’elle peut porter atteinte à l’image du site.