Fibromes utérins : des femmes en difficulté

Près de 80 % des femmes seraient porteuses de léiomyomes utérins, pour la plupart asymptomatique et ne nécessitant aucun traitement. Pour autant, certaines présentent des fibromes symptomatiques, engendrant saignements prolongés, douleurs pelviennes ou abdominales, troubles urinaires, etc. Une équipe américaine a interrogé ces patientes dans différents groupes socioculturels, afin de mieux appréhender le retentissement de leur symptomatologie au quotidien.
Un panel représentatif de la population des femmes américaines de 29 à 59 ans a été constitué par l’institut de sondage Harris interactive. Parmi elles, les femmes porteuses de fibromes symptomatiques ont été identifiées sur la base de leurs réponses à un questionnaire proposé en ligne. L’étude a ainsi porté sur 968 patientes, qui ont été interrogées de manière plus poussée sur le retentissement de leur pathologie au quotidien et sur leurs souhaits en matière de traitements éventuels.

Leurs réponses révèlent un délai moyen de plus de trois ans et demi entre les premiers symptômes et le diagnostic. De plus, 42 % des femmes ont dû consulter deux professionnels de santé avant d’être diagnostiquées.

Elles sont nombreuses à exprimer des inquiétudes vis à vis de leur pathologie, craignant que le fibrome grossisse (79 %), soit à l’origine de complications ultérieures (63 %) – incluant le risque de cancérisation, redouté par plus de la moitié d’entre elles – ou ne les conduise à l’hystérectomie (55 %). Les femmes les plus jeunes sont les plus préoccupées par un impact négatif du fibrome sur leur féminité (saignements tachant les vêtements ou la literie, retentissement sur la vie sexuelle) et un tiers d’entre elles disent même que leur pathologie leur donne l’impression de « ne plus contrôler leur vie ». Toutes tranches d’âge confondues, 28 % des femmes en activité rapportent des absences au travail liées à leur symptomatologie et 24 % considèrent que ces symptômes les empêchent d’atteindre leur plein potentiel professionnel.

En matière de prise en charge, les patientes souhaitent des traitements qui n’impliquent pas de chirurgie invasive (79 %), préserve leur utérus (51 %) et leur fertilité (43 % des femmes de moins de 40 ans). 

Dr Arielle le Masne

Référence
Borah BJ et coll. : The impact of uterine leiomyomas: a national survey of affected women. Am J Obstet Gynecol 2013. Publication avancée en ligne le 24 juillet 2013.

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