Grande famille, nombreux germes et moindre risque de dermatite atopique !

Une diminution de l’exposition microbienne dans les premiers stades de la vie pourrait favoriser une dysrégulation immunitaire et le développement des maladies atopiques.
Des études sur l’animal ont montré que la tolérance orale est difficile à établir chez des animaux axéniques.
Des modifications du mode de vie (régime alimentaire, utilisation d’antibiotiques, augmentation de l’hygiène et diminution de la fratrie) peuvent influencer la microbiote intestinale.

Une étude a été menée pour évaluer le rôle de ces différents facteurs sur l’établissement de la microbiote intestinale chez 606 nourrissons en bonne santé mais à risque d’allergie.
Ces enfants faisaient partie d’une étude randomisée contre placebo de prévention de la dermatite atopique par la supplémentation orale d’un lysat de bactéries détruites par la chaleur (Escherichia coli et Enterococcus faecalis).

La supplémentation s’est poursuivie de la 5ème à la 31ème semaine de vie.
Des échantillons de selles ont été recueillis par les parents aux 5ème, 13ème et 31ème semaines.
Les enfants ont par ailleurs été examinés par un pédiatre durant la période de supplémentation et ensuite jusqu’à l’âge de 3 ans pour rechercher des signes de dermatite atopique.

Ce travail a montré que le mode de naissance, l’allaitement maternel mais aussi le rang de naissance avaient une influence sur la composition de la microbiote intestinale.
La colonisation par les lactobacilles (P < 0,001) et les bactéroïdes (P = 0,02) augmentait à l’âge de 5 mois avec la taille de la fratrie alors que celle des Clostridia diminuait (P <0,001).

La colonisation par les Clostridia, aux âges de 5 et 13 semaines était par ailleurs associée à un risque accru de développer une dermatite atopique dans les 6 mois suivants (odds ratio ajusté = 2,35; intervalle de confiance à  95 %, 1,36-3,94 et 2,51; 1,30-4,86, respectivement).

Des analyses de médiation ont montré un effet indirect statistiquement significatif sur la dermatite atopique, par l’intermédiaire de la colonisation de clostridium, pour le mode de naissance et l’ordre de naissance.

Les résultats de ce travail sont donc en faveur du rôle de la microbiote dans la survenue de la dermatite atopique. L’influence bénéfique de la taille de la fratrie déjà mise en évidence dans le passé pourrait s’expliquer au moins en partie par ce mécanisme.

Dr Geneviève Démonet

Référence
Penders J et coll. : Establishment of the intestinal microbiota and its role for atopic dermatitis in early childhood. J Allergy Clin Immunol 2013;132: 601-607

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