Le numérique pour lutter contre la non observance?

Paris, le jeudi 11 décembre 2014- Les résultats de l’étude Opinion Way/Welcoop « Patients et observance »* réalisée en partenariat avec la Fédération nationale de l’information médicale, et présentée en ouverture du festival de la communication Santé le 28 novembre dernier, confirment la mauvaise observance des traitements médicamenteux par les français. En outre, en tentant de mieux comprendre les comportements des patients, ce travail est allé plus loin et propose ainsi d’intéressantes pistes pour améliorer cet état de fait.

Moins d’un patient sur deux

Parmi les 567 sujet qui ont suivi un traitement médicamenteux au cours des 6 derniers mois, moins de la moitié seulement (42 %) ont « intégralement » respecté leur traitement (en termes de durée, de posologie, sans oubli de prise). La présence d’une affection de longue durée  ne change rien à ces résultats : les patients atteints d’une telle pathologie (n = 203) ont un niveau d’observance identique à celui des autres français. Logiquement, les profils d’observance varient selon l’âge  et, comme on pouvait s’y attendre, les plus jeunes sont les moins observants : 13 % des sujets de 18 à 24 ans n’ont pas du tout respecté leur traitement (durée insuffisante et non respect de la posologie et oublis) versus 1 % chez les plus de 50 ans.

L’oubli et la crainte des effets secondaires

Globalement, le suivi du traitement et le respect de la posologie sont relativement bons. En revanche, les oublis sont fréquents : plus de la moitié des répondants déclarent avoir oublié de prendre leur traitement au moins une fois (56 %) dont 16 % « souvent » ou « de temps en temps ».  Parmi, les principales raisons de non-observance, les oublis arrivent en tête (25 %), suivis de « la crainte des effets secondaires » (24 %), de « la guérison totale avant la fin du traitement » (19 %) et d’une certaine « lassitude » (14 %).

Quelles solutions ?

Pour remédier à la non observance, les Français plébiscitent plusieurs dispositifs, que ce soit un pilulier électronique ou intelligent (40 %), notamment les 35-49 ans (43 %), et les personnes en ALD (49 %) ; des SMS de rappel (33 %), en particulier les moins de 35 ans (43 %) ; des outils numériques : sites, applications… (29 % des 25-34 ans) ; et enfin, et surtout, davantage d’informations sur la maladie et son évolution (32 %) et sur les conséquences d’une mauvais observance (34 %), et sur les traitements (32 %). Dans ce cadre, le Dr Eric Couhet insiste sur la nécessité d’intégrer l’observance dans le parcours de soins, de mettre en place des dispositifs d’incitation pour les professionnels de santé, de mobiliser les médecins, mais aussi les pharmaciens, les infirmières et les associations de patients à une meilleure diffusion des informations , y compris sur les sites santé internet validés.

Isabelle Birden

Référence
* Étude réalisée du 17 au 19 septembre 2014 auprès d’un échantillon 1 014 individus âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population française selon les données du dernier recensement INSEE, en termes de sexe, âge, profession, région et catégorie d’agglomération.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article