Pourquoi s’intéresser à la pollution intérieure ?

Les pollutions environnementales et les allergènes sont à l’origine d’atteintes respiratoires. D’autres polluants, comme les perturbateurs endocriniens, peuvent être responsables d’atteintes cardio-vasculaires, métaboliques, etc.

Si la pollution atmosphérique retient beaucoup l’attention, il ne faut pas oublier que la plus grande partie de notre temps se passe en intérieur. Il est donc important de maîtriser aussi ce type de pollution.

Les sources de la pollution intérieure sont multiples.

  • Elles peuvent être biologiques : bactéries, moisissures, allergènes, etc.
  • Elles sont aussi chimiques : tabac, produits de combustion, pesticides, gaz, revêtements, colles, etc.
  • Enfin elles peuvent être physiques : fibres.
  • Sans oublier le radon, gaz radioactif qui peut être présent dans les bâtiments.

La prévention doit être primaire, visant à diminuer les risques de pathologies respiratoires ou endocriniennes notamment. Elle doit être aussi tertiaire, chez les sujets présentant des pathologies respiratoires chroniques, pour limiter les complications et la progression des pathologies. Elle porte alors principalement sur les irritants bronchiques (tabac, polluants atmosphériques) et sur les allergènes pour les sujets sensibilisés ou allergiques.

En 2001 a été créé en France un Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), destiné à améliorer la connaissance des polluants de l’air intérieur et à fournir aux pouvoirs publics les éléments nécessaires à l’évaluation et à la prévention des risques. Une deuxième campagne nationale logement (CNL2) a été lancée sur un échantillon de logements français, pour vérifier l’évolution de la qualité de l’air intérieur depuis la 1ère campagne (2003-2005). Elle comprend notamment les mesures de plus de 150 polluants (particules fines, composés organiques volatiles, pesticides, etc.). L’étude doit se terminer en 2022 et la publication des résultats est prévue pour 2023.

En pratique, il peut être utile de recommander aux patients de veiller à la température, l’hygrométrie et la ventilation des logements, de privilégier l’achat de produits contenant le moins de polluants possibles (examen des étiquettes et pictogrammes), d’évacuer l’humidité de leur logement. Des capteurs de qualité de l’air, sont désormais accessibles aux non professionnels.

L’intervention d’un professionnel CEI (Conseil en Environnement Intérieur) peut être sollicitée dans certains cas de pathologies graves et complexes, dans lesquels la qualité de l’air intérieur est potentiellement impliquée. C’est le cas par exemple pour l’asthme difficile, pour les allergiques quand la biothérapie est envisagée, pour les pneumopathies interstitielles, l’aspergillose bronchopulmonaire allergique ou encore la mucoviscidose. Des mesures quantitatives de la qualité de l’air intérieur peuvent alors être réalisées.

Dr Roseline Péluchon

Références
Stéphanie Wanin - Evaluation de l'environnement intérieur : comment faire et jusqu'où aller ? 17ème Congrès français d’allergologie – Paris - 19-22 avril 2022

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