5 à 10 % des reins transplantés dans le monde auraient été illégalement prélevés !

New York, le mercredi 9 janvier 2019 – Dans le cadre d’un rapport sur les traites humaines, l’ONU a étudié la question du trafic d’organe.

Si l’UNODC (United nations office on drugs and crime) n’a identifié, ces treize dernières années, que 700 victimes de ce commerce, elles ne représenteraient qu’une partie immergée d’un phénomène de grande ampleur. Ainsi, cette institution internationale estime que 5 à 10 % des reins et des foies transplantés dans le monde ont été illégalement prélevés, qu’il s’agisse d’une vente "consentie" ou le résultat d’actes de coercition. La Chine, l'Inde, le Pakistan demeurent les états où ce fléau est le plus répandu. Rien n’est dit, néanmoins, dans ce rapport, sur les pays "receveurs"…

Ces crimes sont fréquemment perpétrés par des bandes organisées. L’ONUDC donne ainsi l’exemple d’un groupe qui avait effectué plus de 500 prélèvements, y compris dans des hôpitaux, avec la complicité de professionnels de santé. Certains organisent même la mise en relation entre donneur et futur transplanté, fournissant l’assistance d’interprète, assurant les examens médicaux et les traitements postopératoires !

Quel rôle du personnel médical ?

Ces trafiquants, qui prennent parfois en charge "toute la chaine" de la greffe, ont besoin de la collaboration de nombreux personnels de santé.

Pour l’UNODC, si dans certains cas, il existe une complicité claire des professionnels, dans d’autres, les malfrats parviennent à les convaincre de la légalité de leurs actes, grâce à des « méthodes sophistiquées de manipulation », en particulier grâce à l’utilisation de fausses « licences médicales ».

Quant aux victimes, elles sont sélectionnées dans les franges les plus misérables de la société et notamment aux frontières d’états en voie de développement, parmi les migrants. Si l’appât du gain (un rein se négocie aux alentours de 2000 euros…) ou la promesse de bénéficier des services d’un passeur sont souvent des arguments majeurs, les trafiquants abusent aussi souvent de l’ignorance des victimes, dont plus de la moitié n’a eu accès à aucune instruction. Ils parviennent ainsi à leur faire croire qu’avoir deux reins est une anomalie, ce qui leur permet ainsi de récupérer des organes sans aucune contrepartie…

F.H.

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