"Je ne suis pas autiste", François Fillon épinglé par une association !

Paris, le lundi 6 mars 2017 - L’utilisation de noms de pathologies mentales pour désigner des attitudes renvoyant à des représentations détournées des principaux symptômes de ces maladies est fréquente. On entend ainsi régulièrement employer le terme de "schizophrène" pour évoquer la dualité d’une action, ou encore celui "d’autisme" pour suggérer une forme de refus d’entendre. Les associations défendant les patients atteints de ces maladies militent depuis de longues années pour que cesse le recours "dévoyé" à ces noms, qui participerait à une méconnaissance et à une stigmatisation de ces pathologies. Encore aujourd’hui, l’association PromesseS dédiée aux patients souffrant de schizophrénie et à leurs proches appelle les journalistes et chroniqueurs à cesser d’employer ce terme dans l’optique de faire un « bon mot ». Ce contexte permet de comprendre que le recours à trois reprises du terme « autiste » par François Fillon lors de son intervention hier sur France 2 a fait bondir. « Je ne suis pas autiste » a répété l’ancien Premier ministre pour signifier qu’il ne souffrait pas d’aveuglement vis-à-vis des défections et inquiétudes de son camp. Dès aujourd’hui SOS Autisme France a saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel et demandé un rendez-vous au candidat à l’élection (en aura-t-il le loisir ?). 

Si le patron du Collectif Autisme bien que regrettant cette formulation se refuse à participer à cette entreprise ne souhaitant pas « tirer sur l’ambulance » d’autres n’ont pas cette délicatesse. Ainsi, le Secrétaire d’Etat chargé des personnes handicapées n’a pas hésité à considérer qu’il s’agissait d’une « faute lourde » (sic) du candidat Les Républicains.

Se refusant à une telle sévérité et tout en réprouvant ces écarts de parole, le patron du Collectif Autisme préfère se souvenir que François Fillon avait fait de l’autisme sa "Grande cause nationale" en 2012 et paraissait sincèrement sensible aux difficultés rencontrées par les familles et au retard pris par la France.

Enfin, au sein de l’association Asperger Aide France, dont la marraine n’est autre que... Pénélope Fillon, on précise avoir envoyé un message à cette dernière et regretté une formulation « maladroite ».

M.P.

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Vos réactions (2)

  • François l’autiste !

    Le 06 mars 2017

    Monsieur Fillon qui a répété hier soir, à plusieurs reprises, sur France2 ne pas être autiste et écouter ce qui se passe autour de lui, ne veut toujours pas admettre le caractère immoral des sommes versées à son épouse et à ses enfants.
    Tout juste concède t-il une erreur de jugement.
    Les français jugeront en leur âme et conscience dès le premier tour !

    Elisabeth Moisson

  • Un exemple de stimatisation d'une maladie

    Le 07 mars 2017

    Je travaille dans une association de lutte contre le cancer...
    Très régulièrement, nous voyons apparaître l'expression selon laquelle telle ou telle chose est un "véritable cancer" dans notre société... Cela "pollue" nos fils de veille d'ailleurs !
    Dans ce cas, je conçois que ce ne sont pas les malades que l'on stigmatise, mais la maladie... le résultat me semble être le même...

    Meriem Bederr

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