(Sur)vivre

Paris, le vendredi 17 mars 2017 – La maladie n’est pas qu’un présent. Pourtant, beaucoup de films, de romans se concentrent sur les premières heures. Les symptômes que l’on ignore et qui bientôt obsèdent, le diagnostic qui agit comme un couperet et qui modifie toutes les perspectives et la lourdeur des traitements. Le film s’arrête le plus souvent là. Dans l’incertitude de la guérison, voire dans la mort. On ne dit rien ou presque de l’après, de la reconstruction, du réapprentissage.

Impatience

C’est pourtant le thème du premier film d’Anne-Gaëlle Daval. L’héroïne, Lucie (Florence Foresti) a souffert d’un cancer du sein. Mais aujourd’hui, elle est en phase de rémission. Et sa vie peut reprendre son cours. Cependant, la jeune femme se sent incapable de renouer le fil de son existence. L’absence de traitements et de consultation constitue pour elle une perte de repères difficile à vivre, l’instauration d’un vide. Surtout, elle est sans cesse confrontée à la peur : de la rechute, mais aussi du regard des autres. Ce film touche une période souvent tue concernant les patients atteints de cancer, ce moment douloureux de la transition où l’on est plus un malade, mais on ne parvient pas encore à se sentir comme faisant partie des biens portants. Dans ce contexte, créer une histoire d’amour est tout à la fois particulièrement difficile et en même temps le chemin vers l’émancipation.

Patience

De la même manière que De plus belle, le film Patients qui raconte l’histoire du chanteur Grand Corps Malade, insiste sur l’importance de se trouver des alliés pour affronter cette épreuve de l’après. Dans ce film, on se retrouve plongé dans un hôpital où des jeunes paraplégiques sont enfermés dans l’univers douloureux et presque carcéral de la rééducation. Mais le film qui pourrait rapidement dériver vers le catastrophisme est servi par un humour décapant, qui permet d’appréhender ces petites armes essentielles qui permettent de se débattre dans l’après.

Persistance

Les sujets du livre de photographies de Jean-Baptiste ne sont pas guéris et ne seront probablement jamais dans l’après. Ce sont souvent des enfants nés handicapés, qui ne peuvent guère espérer que quelques améliorations. Mais les images du photographe permettent de démontrer la force de survie de ces enfants. Il s’agit à l’instar de De plus belle et de Patients, d’une œuvre militante pour faire évoluer le regard sur les personnes malades ou souffrant d’un handicap, afin d’empêcher de les réduire à leur simple état, leur paralysie, ou leur souffrance et de mettre en lumière tout ce qui constitue leur existence.  « J'ai eu envie de montrer les choses franchement, d'être un peu provocateur mais de façon gentille, pour faire bouger les lignes à mon niveau », explique le photographe.

 

Cinéma :

De plus belle, d’Anne-Gaëlle Daval, sortie le 8 mars 2017, 1h38

Patients, de Grand Corps Malade, sortie le 1er mars 2017, 1h50

Livre :

1, 2, 3, Handicap… , de Jean-Baptiste Laissard, édition Ya Pas photo

Aurélie Haroche

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