A qui pourra-t-on (peut-être) bientôt dire « Merci docteur » ?

Paris, le samedi 11 mars 2017 – L’Ordre des médecins a récemment procédé à un passage en revue des différents dispositifs mis en place en France pour faire face à la désertification médicale. Parmi les idées ayant retenu son attention, l’instance a cité la proposition du conseil départemental de l’Ordre des médecins de la Côte d’Or aux mairies « des bourgades sous dotées (…) d’affecter un local simple à la venue d’un médecin une ou deux fois par semaine ». Dans ce cadre, les praticiens viendraient d’une maison de santé pluridisciplinaire. Mais, il est tout à fait possible d’envisager qu’ils exercent chacun dans un cabinet propre, dans une ville proche de cette commune désertifiée.

Une option existant depuis 2011…

Depuis 2011, les médecins travaillant dans des zones considérées comme denses peuvent en effet choisir de travailler une ou deux fois par semaine dans une commune proche pour sa part située dans une localité sous dotée. Jadis, « option santé solidarité territoriale », cette possibilité est désormais un « contrat solidarité territoriale », qui suppose des modalités quelque peu différentes. En vertu de la convention adoptée l’année dernière, les médecins qui souhaitent signer un contrat solidarité territoriale « s’engagent à réaliser une partie de leur activité libérale représentant au minimum dix jours durant l’année dans une zone caractérisée par une insuffisance de l’offre de soins ». Les praticiens perçoivent alors de l’Assurance maladie une aide « correspondant à 10 % des honoraires tirés de l’activité conventionnée clinique et technique (…) réalisée dans le cadre du contrat au sein des zones caractérisées par une insuffisance de l’offre de soins ».

… mais peu connue !

Méconnu, le dispositif concerne un nombre restreint de praticiens. Dans un bilan dressé à l’occasion de l’élaboration de la nouvelle convention, l’Assurance maladie indiquait compter 28 adhérents fin 2014 (20 médecins généralistes, quatre radiologues, deux cardiologues, un ophtalmologiste et un gynécologue). Si la nouvelle convention a assoupli certaines modalités (comme le nombre de jours minimum d’exercice), il est probable que le dispositif nécessite une plus grande publicité pour qu’il dépasse les cas particuliers que sont par exemple les îles. Dans ce cadre, avec Merci Docteur, Karine Zaouche, Charlotte Lajoux et Aymeric du Mesnil propose un dispositif pour faciliter ces exercices temporairement délocalisés.

Créer le lien entre ceux qui ont besoin et ceux qui sont volontaires

Récemment récompensé par les Trophées des services innovants, Merci Docteur se propose de créer le lien entre les municipalités isolées et les médecins. Aux mairies, Merci Docteur, demande de mettre à la disposition des praticiens une salle facilement accessible. Cette dernière est ensuite équipée par Merci Docteur. Puis, des médecins travaillant aux alentours (à moins d’une heure) sont recrutés pour venir officier une ou deux fois par semaine. Les praticiens reçoivent leurs honoraires, ainsi qu’une indemnisation supplémentaire. La salle, mais aussi le soutien administratif que promet Merci Docteur, sont pour leur part financés par la mairie (mais d’autres entités pourraient également être intéressées, comme les Etablissements hébergeant des personnes handicapées, certaines écoles privées ou des entreprises). « MerciDocteur vise à limiter au maximum les tâches annexes pour permettre au médecin de se recentrer sur le soin. C’est pour cela que chacune des journées de consultations est  programmée et organisée par MerciDocteur. Le médecin n’a plus qu’à se déplacer le jour J dans la structure prévue et ce, toujours à moins d’une heure de chez lui » indiquent les responsables de cette plateforme sur leur site.

Pour l’heure, le système n’a pas encore été lancé, notamment parce qu’il est difficile de faire coïncider les localités prêtes à s’engager et les médecins volontaires. Par ailleurs, les questions de financement ne sont pas totalement réglées. Cependant, les trois promoteurs sont confiants dans la pertinence de leur projet. « Notre conviction, c’est qu’entre l’absence totale de médecin et un temps plein, il y a des solutions ponctuelles », résume pour 20 minutes Aymeric Du Mesnil.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Autoriser la médecine itinérante

    Le 11 mars 2017

    Ce dispositif n'est pas inintéressant...
    Cependant,cette pénurie de médecins dans certaines zones m'avait fait reposer une question sans réponse à l'ordre des médecins, à savoir :autoriser la médecine itinérante.

    En effet,je pense que pas mal de médecins seraient prêts à se porter volontaires pour consacrer sur un roulement une partie de leur activité.
    Il suffirait de mettre à disposition un dispositif mobile bien équipé, établir des règles bien précises et ce serait déjà un premier pas.

    Dr Patricia Erbibou

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