Accidents mortels au rugby : la FFR plaide pour de nouvelles règles

Paris, le mercredi 9 janvier 2019 - Au cours des huit derniers mois, quatre jeunes hommes qui pratiquaient le rugby, en amateur ou de manière professionnelle, sont morts après avoir été victimes d’un choc sur le terrain. Hier, on apprenait en effet le décès de Nathan Soyeux, étudiant à l’École supérieure d’ingénieurs en matériaux/développement durable et information/électrique (Esirem) de Dijon. Le 24 novembre, participant au Tournoi des cinq ballons, compétition entre plusieurs écoles d’ingénieurs, il avait été victime d’un traumatisme crânien qui l’avait laissé dans le coma. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de son décès selon le magazine l’Équipe.

Une violence accrue, vraiment ?

Quelles que soient les conclusions de cette investigation, beaucoup estiment que ce décès impose aux responsables nationaux et locaux des clubs de rugby de réfléchir enfin ensemble à endiguer une brutalité depuis toujours présente dans le rugby. Chez les intéressés cependant, on constate une certaine réticence à admettre une augmentation de la violence. Ainsi, le président de la Fédération française de rugby (FFR), l’ancien joueur Bernard Laporte, a posté mi-décembre sur internet des graphiques mettant en évidence une diminution du nombre d’accidents graves ces 20 dernières années : passé de 15 en 1997-1998 à trois en 2017-2018. Par ailleurs, Bernard Laporte signale que la comparaison avec d’autres sports ne serait nullement défavorable au rugby (même si ces comparaisons ne sont pas aisées en raison de nombres d’adeptes très différents).

Une idée en tête : redescendre au niveau de la ceinture

Il est vrai que depuis plusieurs années, influencés notamment par les pratiques mises en place dans les autres nations du rugby, les arbitres et les équipes médicales ont modifié leur attitude vis-à-vis des commotions cérébrales, notamment face à la confirmation de séquelles à long terme chez certains joueurs professionnels mal pris en charge. Les responsables nationaux et internationaux des clubs de rugby n’excluent pas cependant d’aller plus loin : un grand nombre d’entre eux sont aujourd’hui favorables à renoncer au plaquage à deux, pratique dangereuse. Plusieurs entraineurs ont ainsi arrêté d’enseigner cette technique aux plus jeunes. Par ailleurs, alors qu’au fil du temps, les plaquages ont eu tendance à prendre de la hauteur, pour s’approcher de plus en plus de la ligne des épaules, la Fédération française de Rugby plaide auprès des instances internationales pour que la ligne de plaquage soit désormais officiellement située au niveau de la ceinture et souhaite que des sanctions punissent les plaquages tête contre tête. Ces différentes préconisations seront étudiées lors d’une réunion de la World Rugby au printemps.

Léa Crébat

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