Acné chéloïdienne de la nuque et folliculite décalvante, une certaine parenté

L’acné chéloïdienne de la nuque est une maladie inflammatoire chronique observée avec prédilection chez les hommes originaires d’Afrique. La présentation clinique varie entre papules et pustules folliculaires, papules hyperkératosiques et chéloïdes dans la région occipitale et la partie supérieure du cou.

Une étude transversale menée dans un hôpital universitaire de Lagos précise les caractéristiques de l’affection grâce aux réponses à des autoquestionnaires auxquels se sont soumis 70 patients âgés de 13 à 58 ans (âge moyen 32,1 ± 10,5). La majorité d’entre eux (78,6 %) ont consulté après un an d’évolution. Les lésions avaient commencé par un prurit chez 50 malades (71,4 %) et des phénomènes douloureux chez 23 (32,8 %). Dans d’autres cas, il y avait des secrétions purulentes, des saignements, une sensation de chaleur. Des antécédents familiaux d’acné chéloïdienne étaient retrouvés pour 12 malades (17,1 %).

Le mode de présentation le plus fréquent était les papules et pustules folliculaires désignées sous le terme d’acné folliculaire ou folliculite de la nuque, pour 32 patients (45,7 %). Les manifestations les plus souvent associées étaient une alopécie pour 24 patients et une folliculite décalvante pour 9 (12,8 %).

Cette dernière association a aussi interpellé, à l’autre bout de la terre, une équipe de l’université de Sao Paulo (Brésil). Ils ont repris une série rétrospective de 77 malades reçus en deux ans dans leur hôpital universitaire pour une acné chéloïdienne de la nuque (47 hommes, 10 femmes), âgés de 31 à 74 ans, avec des phototypes de II à VI. La coexistence d’une folliculite décalvante a été retrouvée pour 12 (21 %) sujets, dont 9 de phototype IV ou plus : celle-ci pouvait siéger uniquement au niveau de la nuque ou également sur la région occipitale. Le port d’un casque ou d’un chapeau et un rasage « de près » sont apparus être des facteurs favorisants. L’intervalle moyen entre les deux affections était de 3,9 ans avec une précession de l’acné chéloïdienne dans 58 % des cas.

Ces deux séries suggèrent une parenté entre acné chéloïdienne de la nuque et folliculite décalvante ne serait-ce que sur le plan de la prédisposition génétique. Histologiquement la première est classée comme une alopécie cicatricielle mixte avec un infiltrat de lymphocytes et de neutrophiles et la seconde est une alopécie cicatricielle avec un infiltrat inflammatoire à prédominance neutrophile.

Ces observations pourraient inciter à repenser la prise en charge de ces maladies qui ne sont peut-être que deux versions d’un même processus pathologique, cette prise en charge restant, au demeurant, bien difficile.

Dr Marie-Line Barbet

Références
Ayanlowo OO et coll. : Characteristics and quality of life in Acne keloidalis Nuchae Patients. E-Poster présenté au 24e Congrès mondial de dermatologie, Milan. 10-15 juin 2019.
Coelho E et coll. : Acne keloidalis nuchae and folliculitis decalvans : different diseases or spectrum of the same process affecting the hair follicle. E-Poster présenté au 24e Congrès mondial de dermatologie, Milan 10-15 juin 2019.

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