Activité physique sur ordonnance

Les maladies cardiovasculaires restent l’une des principales causes de mortalité notamment chez la femme (1ère cause) et les maladies métaboliques voient leur incidence augmenter de manière régulière. Cette forte prévalence s’explique par un mode de vie associant une alimentation trop riche à une activité physique insuffisante, voire inexistante. L’activité physique a toujours été considérée comme un facteur bénéfique sur le plan cardio-vasculaire en particulier chez les sujets présentant une maladie chronique. Et, depuis 2016, la France possède désormais un cadre législatif pour la prescription d’activité physique par un médecin généraliste en cas de maladie longue durée. Il est ainsi maintenant légitime de prescrire une activité physique sur ordonnance et on peut faire appel à des professionnels susceptibles d’offrir une Activité Physique Adaptée aux patients (APA).
 
Ces dernières années le bénéfice de cette pratique a pu être quantifié et mieux évalué. Pour rappel, l’activité physique est quantifiables en MET pour « metabolic équivalent task » défini comme le rapport de la dépense énergétique liée à l’activité physique sur le métabolisme de base. 1 MET correspond au niveau de dépense énergétique au repos, assis sur une chaise. L’activité physique regroupe exercice physique et sport. Elle s’oppose à l’inactivité physique (niveau insuffisant d’activité physique) et à la sédentarité qui concerne une majorité de la population dans les pays industrialisés. On définit comme sédentarité l’absence de toute activité physique (travail assis dans un bureau par exemple) qui se caractérise par une dépense énergétique inférieure ou égale à 1,5 MET. De grandes études de cohorte (Nhanes, ABC..) ont pu être effectuées avec des accéléromètres permettant de quantifier plus objectivement l’activité physique que les questionnaires. L’augmentation du risque de mortalité apparait dès 3 heures de travail sédentaire. Le message le plus important du Pr M. Duclos est « de lutter contre la sédentarité ». Toute activité même minime est bénéfique : Quinze minutes de marche par jour sont associées à une baisse de la mortalité de 14 %.

Le bénéfice de l’activité physique s’étend non seulement à la prévention des maladies métaboliques mais également a un rôle protecteur contre bon nombre de cancers et autres pathologies (ostéoarticulaires, BPCO) expliquant vraisemblablement son influence sur la mortalité. Notre mission est de convaincre, dans la durée, du bénéfice de l’activité physique (la rédaction d’une ordonnance a été montrée plus efficace que le conseil oral). Il existe un guide de prescription fourni par l’HAS et des conseils en ligne à l’usage des médecins qui devrait permettre d’améliorer les pratiques (1).
 

Dr Caroline Pichard

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