Additif E171 : le gouvernement devrait suivre l’avis de l’ANSES

Paris, le mardi 16 avril 2019 - L’additif alimentaire E171 est utilisé pour ses propriétés colorantes et opacifiantes dans de nombreux produits alimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques.

Constitué de particules de dioxyde de titane, notamment sous forme nanoparticulaire, et présent dans des proportions variables, le E171 est sur la sellette depuis plusieurs années.

Principe de précaution

La polémique est née en 2006 avec un avis du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) qui a classé le dioxyde de titane dans le groupe des substances « cancérogènes possibles chez l’homme » lorsqu'il est inhalé.

De son côté, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), avait souligné, en 2016, que les données concernant la toxicité étaient insuffisantes pour fixer la dose journalière admissible (DJA) sans risque pour la santé des consommateurs.

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a, pour sa part, publié en 2017 une expertise sur une étude relative à la toxicité orale du E171 (Étude NANOGUT, Bettini et al) mettant en évidence des effets potentiellement promoteurs de la cancérogenèse chez le rat. L’Agence soulignait alors la nécessité de conduire de nouvelles études toxicologiques afin de confirmer ou d’infirmer les effets rapportés dans cette étude.

Dans ce contexte, l’ANSES a été saisie en février 2019 par les ministres chargés de l’économie, de la santé, de l’agriculture et de l’environnement, afin d’analyser les connaissances les plus récentes sur cet additif. Le groupe d’experts, mis en place par l’agence, a réalisé une revue bibliographique. Il vient de conclure que certaines études ont mis en évidence, d’une part, « de nouveaux signaux tels que la modification de mécanismes biologiques cellulaires chez la souris ou des anomalies du développement chez des invertébrés et, d’autre part, des effets génotoxiques in vitro via le stress oxydant. En outre, aucune de ces nouvelles études ne permet de confirmer ou d’infirmer le potentiel effet promoteur de la cancérogénèse du E171 rapporté dans l’étude NANOGUT ».

L’ANSES souligne donc « le manque de données scientifiques pour lever les incertitudes sur l’innocuité de l’additif E171 ».

Bruno Le Maire pressé de prendre une décision

Alors que ce nouvel avis négatif vient d’être publié, selon les informations d'Europe 1 reprises par plusieurs médias, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire annoncera sous peu l'interdiction de l’E171 dans l'alimentation.

Rappelons qu’en janvier dernier, ce même ministre avait suscité la colère d’associations en affirmant son intention de ne rien interdire dans l'immédiat, mettant en avant les évaluations contradictoires sur la dangerosité du produit.

Rien, néanmoins, ne devrait être tranché prochainement s’agissant des 4000 spécialités concernées dans la pharmacopée.  

Xavier Bataille

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