Adhésion au traitement dans la SEP, cela reste un défi

La prise en charge de la sclérose en plaques (SEP) s’est considérablement modifiée depuis l’introduction des immunomodulateurs dont l'efficacité a été prouvée. Cependant, ils ne permettent pas de guérir la maladie et les patients doivent les prendre en continu. Une mauvaise adhésion conduit à des rechutes plus fréquentes et à une détérioration de la situation clinique, ce qui augmente la consommation globale des ressources en soins de santé. On a tendance à penser que les traitements oraux sont mieux acceptés et tolérés par les patients que les traitements auto-injectables, simplement en raison de leur voie d'administration perçue comme étant plus simple. Par conséquent, on croit que les thérapies orales peuvent améliorer l'adhésion au traitement. Cependant, les traitements oraux sont également associés à des effets secondaires systémiques tels que des bouffées vasomotrices, des troubles gastro-intestinaux et des perturbations des examens biologiques. A l'heure actuelle, il n'y a pas de consensus quant à l'adhésion thérapeutique aux différents immunomodulateurs. Dans ce contexte, une équipe italienne a étudié le maintien à court terme d'un traitement par immunomodulateurs auto-injectables et oraux.

Vingt pour cent d’abandons à six mois

L'étude rétrospective, multicentrique a été menée chez 1 832 patients (1 289 femmes, 543 hommes) souffrant de sclérose en plaques rémittente, chez qui un nouveau traitement par immunomodulateur auto-injectable ou oral avait été initié entre janvier et décembre 2015.

L'objectif de l'étude était d'évaluer la proportion de patients ayant interrompu le traitement, d'identifier les raisons du manque d’adhésion thérapeutique et les facteurs prédictifs de la non-adhésion au cours d'une période de 12 mois.

Trois cent soixante quatorze (20,4 %) patients ont cessé de prendre le traitement prescrit après une période médiane de 6 mois (3 jours - 11,5 mois) en raison d'une mauvaise tolérance (n = 163 ; 43,6 %), de l'activité de la maladie (n = 95 ; 25,4 %), d'événements indésirables (n = 64 ; 17,1 %), de la disponibilité de nouvelles formulations de médicaments et de la planification d'une grossesse (n = 21 ; 1,1 %).

Il n'y avait pas de différence significative entre les formes auto-injectables et orales du point de vue des arrêts de traitement (p = 0,12).

Les facteurs prédictifs d'un abandon de traitement étaient le sexe féminin (risque relatif : 1,39 ; p = 0,01) et l'exposition antérieure à ≥ 3 immunomodulateurs (risque relatif : 1,71 ; p = 0,009) et ce quel que soit le traitement prescrit.

Les auteurs concluent que la « persistance » au traitement représente un défi clinique, quelle que soit la voie d'administration.

Caroline Vrancken

Référence
Lanzillo L et coll. : A multicentRE observational analysiS of PErsistenCe to Treatment in the new multiple sclerosis era : the RESPECT study. J Neurology 2018 ; 265 : 1174-1183. doi: 10.1007/s00415-018-8831-x. Copyright mediquality

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