Affaire Lambert : à nouveau débouté, les parents abandonnent tout recours

Paris, le lundi 8 juillet 2019 - Alors que leur nouveau recours visant à mettre fin à l’arrêt des soins maintenant en vie leur fils, devenu malgré lui le symbole du débat sur la fin de vie, a été rejeté il y a quelques jours par le juge administratif, les parents de Vincent Lambert ont annoncé qu’ils n’intenteraient plus d’action en justice.

« La mort de Vincent est désormais inéluctable et si nous ne l’acceptons pas, nous ne pouvons que nous résigner » peut-on lire ce lundi dans une lettre envoyé par les parents de Vincent Lambert à l’Agence France Presse (AFP). Cette déclaration intervient cinq jours après que Vivianne et Pierre Lambert, qui se battent depuis 10 ans pour que leur fils, en état végétatif chronique, soit maintenu en vie, aient subi un nouvel échec judiciaire devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

Les parents demandaient au juge administratif la reprise des soins d’alimentation et d’hydratation permettant de maintenir en vie Vincent Lambert qui ont été arrêtés mardi dernier par décision du docteur Vincent Sanchez du CHU de Reims, en charge du patient. Ils s’appuyaient notamment sur la décision du CDPH, un comité de l’ONU en charge des personnes handicapés, qui a demandé à la France de suspendre l’arrêt des soins le temps qu’il puisse examiner le dossier en profondeur. Mais comme le ministre de la santé Agnès Buzyn et la Cour de Cassation avant lui, le tribunal administratif a estimé que la décision de la CDPH n’était pas contraignante pour la France et que le médecin était donc en droit d’arrêter les soins. Les parents Lambert ont donc logiquement été déboutés de leur demande.
Malgré leur décision de ne plus exercer de recours pour sauver leur fils, les parents Lambert ont annoncé, par la voix de leur avocat Maitre Jean Paillot, avoir porté plainte ce vendredi contre le docteur Sanchez pour homicide volontaire. Une plainte qui a peu de chance d’aboutir tant il est désormais évident que la décision du médecin a été prise conformément au droit. Interrogé par des journalistes ce dimanche alors qu’il se rendait au chevet de son fils, le père de Vincent a dénoncé « un assassinat déguisé, une euthanasie ».

L’affaire Lambert, qui a donné lieu à d’innombrables décisions de justice des plus hautes juridictions françaises et européennes, a débuté en 2008 lorsque Vincent, un infirmier de 32 ans, est plongé dans un état végétatif chronique après un grave accident de la circulation. Depuis, sa famille se déchire sur la marche à suivre, ses parents et un de ses frères se battant pour le maintenir en vie, tandis que son épouse et ses autres frères et sœurs souhaitent l’arrêt des soins.

Ce lundi au micro de RTL, François Lambert, le neveu de Vincent, s’est plaint que la loi française n’autorise pas l’euthanasie active et que seul l’arrêt des soins avec sédation profonde soit autorisé. « Malheureusement, ce n’est pas une euthanasie, sinon ça irait plus vite, ça serait un petit peu moins sadique de mon point de vue. Pour ne pas être accusé d’euthanasie, il faut que ça dure le plus longtemps possible, ce qui est à mon avis franchement sadique » a-t-il déploré.

Quentin Haroche

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