Affections gastro-intestinales et risque d’AVC : vous avez dit microbiote ?

Les maladies du tractus gastro-intestinal ont-elles un lien avec le risque d’AVC ? La question se pose depuis la découverte des fonctions multiples -réelles ou supposées- du microbiote intestinal. C’est ainsi que ce dernier est impliqué (bien malgré lui), dans la pathogénie de diverses maladies et par exemple de la maladie cardiovasculaire et de ses localisations athéromateuses. L’hypothèse est loin d’être confirmée, mais dans la mouvance actuelle, elle en inspire d’autres selon un processus qui relève plus de la mode que de la science.

C’est dans ce contexte que s’inscrit une vaste étude de cohorte rétrospective étatsunienne qui s’est appuyée sur la base de données de Medicare. Elle a porté sur un échantillon de bénéficiaires de ce système représentant 5 % de tous les inscrits au cours de la période 2008-2015, tout au moins ceux d’âge ≥66 ans. Le principal critère de sélection était le diagnostic d’AVC ischémique. Plusieurs catégories de maladies gastro-intestinales ont par ailleurs été distinguées selon leur topographie, leur chronicité et leur pathogénie. L’AVC devait être postérieur au diagnostic de maladie gastro-intestinale.

Des associations plutôt faibles

L’analyse qui a porté sur 1 725 246 bénéficiaires a permis, après divers ajustements sur les données démographiques et les facteurs de risque cardiovasculaire conventionnels, d’établir une association entre risque d’AVC et les affections gastriques, le hazard ratio (HR) correspondant étant estimé à  1,17 [intervalle de confiance à 95 % IC, 1,15-1,19]) ; les pathologies fonctionnelles (HR = 1,16 [IC 95 %, 1,15-1,17]) ; les maladies inflammatoires (HR = 1,13 [IC 95 %, 1,12-1,15]) ; les maladies infectieuses gastro-intestinales (HR = 1,13 [IC 95 %, 1,12-1,15]). En revanche, aucune association significative n’impliquait les pathologies anales ou rectales (HR = 0,97 [IC 95 %, 0,94-1,00]) pas plus que les néoplasies gastro-intestinales (HR = 0,97 [IC 95 %, 0,94-1,00]).

Ces analyses suggèrent donc des associations au demeurant ténues entre le risque d’AVC ischémique futur et certaines catégories de maladies gastro-intestinales. Une piste à explorer, rien de plus devant les données de cette étude rétrospective qui n’a d’autre ambition que de susciter des hypothèses …

Dr Giovanni Alzato

Référence
Roth WH et coll. : Gastrointestinal Disorders and Risk of First-Ever Ischemic Stroke. 2020 ; 51(12):3577-3583. doi: 10.1161/STROKEAHA.120.030643.

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