Agnès Buzyn ouvre le gros dossier de l’obésité

Paris, le mercredi 9 octobre 2019 - A l’occasion de la journée régionale de l’obésité en Ile-de-France, le ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé sa feuille de route pour lutter contre le surpoids en France.

En France, 8 millions de personnes souffrent d’obésité, dont 500 000 sous une forme sévère. Facteur de risque de nombreuses maladies chroniques, elle coûte à la collectivité plusieurs milliards d’euros tous les ans. Pour mieux combattre ce fléau, Agnès Buzyn a dévoilé ce mardi un nouveau plan d’action, dénommé Prise en charge de l’obésité 2019-2022 , à l’occasion de la journée régionale de l’obésité en Ile-de-France, organisé par quatre centre spécialisés obésité (CSO).

L’un des principaux objectifs du ministère est de mieux encadrer la chirurgie bariatrique. La pratique de cette chirurgie, qui vise, par différentes techniques, à modifier l’anatomie du système digestif pour restreindre l’absorption d’aliments, a fortement augmenté, passent en une décennie de 20 000 à 60 000 interventions par an. Or, les autorités dénoncent depuis de nombreuses années le manque d’encadrement de cette pratique et notamment l’absence fréquente de suivie des patients. L’Académie de chirurgie en 2015, la Haute Autorité de Santé (HAS) en 2016 et l’Inspection générale des affaires sociales en 2018 avaient ainsi donné l’alerte, soulignant notamment une prise en charge pré et postopératoire déficiente et des indications excessives.

Un meilleur encadrement de la chirurgie bariatrique

Pour mieux assurer la sécurité des patients, le ministre a annoncé que dès 2020, la pratique de la chirurgie bariatrique sera soumise à autorisation par les CSO sur la base de l’engagement à suivre des critères de prise en charge et de suivi des patients. Chaque patient bénéficiera également d’une évaluation de son dossier dans le cadre d’une réunion pluridisciplinaire afin de s’assurer que lui soit proposé le traitement le plus adapté à sa situation. Les 37 CSO que compte la France seront également chargés d’organiser le parcours de soin du patient, entre la ville et l’hôpital.

Pour que la chirurgie bariatrique reste le dernier recours et ne devienne pas la norme, le gouvernement souhaite également mettre l’accent sur la prévention, notamment auprès des plus jeunes. La feuille de route comprend donc également des mesures visant à la promotion des bons réflexes alimentaires et au déploiement du Nutriscore, un système d’étiquetage nutritionnel des aliments. Les CSO sont également incités à développer des programmes d’éducation thérapeutique, pour faire du patient un acteur de sa prise en charge.

L’exécution de la feuille de route a été confiée à un comité de suivi représentatif, composé des différents acteurs de la lutte contre l’obésité, tels que les CSO, les associations de patients, l’Assurance maladie ou encore la HAS. L’objectif du ministère est de réduire la prévalence de l’obésité de 15 % chez les adultes et de 20 % chez les enfants d’ici 2023.

Q.H.

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Vos réactions (1)

  • Traitement de (ou des) l'étiologie

    Le 10 octobre 2019

    Va t-on s'inquiéter aussi du "pourquoi" ces personnes mangent trop ? Il pourrait y avoir des motifs ? Si l'obésité ne leur apporte que des inconvénients pourquoi continuent il ? Supprimer la conséquence, l'obésité, par une opération sur l'estomac, risque de laisser ces motifs, ses causes, sans réponse. Le traitement de ou des étiologies reste il toujours d'actualité ?

    Dr Lucien Duclaud

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