Alcool et tabac, le foie est à plat

Il y a de plus en plus d’arguments qui supportent l’idée que l’élévation plasmatique de la gamma-GT (gGT) est un marqueur prédictif important de la survenue et de la mortalité de nombreuses pathologies.

En plus de la bien connue consommation d’alcool, l’indice de masse corporelle et le tabagisme peuvent également être associés à une élévation de la gGT, mais les interactions entre ces différents facteurs restent à déterminer.

Le but de ce travail, conduit par une équipe Allemande, était d’évaluer le rôle individuel et combiné de la consommation d’alcool et de tabac sur l’élévation de la gGT, avec un intérêt particulier sur les différences potentielles en fonction du sexe.

Les données de 8465 sujets âgés de 50 à 74 ans, ont été obtenues à partir des examens d’inclusion dans la cohorte ESTHER, une large cohorte en base de population allemande.

Les relations entre l’exposition (alcool et/ou tabac) et le critère de jugement (élévation de la gGT) ont été évaluées chez les femmes et chez les hommes en ajustant sur les facteurs de confusion potentiels au moyen d’une régression logistique.

Dans les deux sexes la consommation d’alcool modérée à sévère (plus de 100 g/j pour cette dernière) majorait d’un facteur 1,7 le risque d’avoir une gGT élevée (>50 IU/L), par rapport aux sujets ne fumant et ne buvant pas.

De son côté, le tabagisme pris isolément n’était pas associé au risque d’élévation de la gGT.

Cependant quand le tabagisme était combiné à une consommation d’alcool modérée à sévère, le risque d’avoir une gGT augmentée était majoré d’un facteur 2,9 (IC95 %: 1,1-7,6) chez les femmes et 3,8 (IC 95 % : 2,2-6,6) chez les hommes (test pour l’interaction entre la consommation d’alcool et de tabac : p pour les femmes = 0,12, p pour les hommes = 0,0017).

Cette étude apporte donc des arguments en faveur d’une action délétère synergique du tabac et de l’alcool sur l’élévation de la gGT, relation particulièrement marquée chez l’homme.

Les mécanismes qui sous-tendent cette interaction restent à préciser, même si on peut incriminer, au moins en partie l’effet inducteur enzymatique du tabac.

Pr Marc Bardou

Référence
Breitling L P et coll. : Synergism between smoking and alcohol consumption with respect to serum gamma-glutamyltransferase. Hepatology 2008; 49: 802 - 808

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