Alerte de niveau 5 : quelles conséquences possibles ?

Le 30 4 2009. 0 h 30. Il y a 1 h 30, la direction générale de l’OMS a décidé de passer au niveau 5 d’alerte, celui qui précède immédiatement la déclaration de pandémie. Cette décision a été motivée par des cas de transmission interhumaine en dehors du foyer initial de l’épidémie.

 

Si, comme tout le laisse penser, la France passera à son tour très prochainement au niveau 5 de son plan de lutte contre la pandémie grippale, nous analysons ici les principales conséquences de cette évolution.

Le niveau 5 d’alerte de l’OMS correspond schématiquement aux situations 5 A et 5 B du plan national français de prévention et de lutte contre la pandémie grippale dans sa dernière version du 20 février 2009. Ce plan initialement préparé dans l’hypothèse d’une pandémie d’origine aviaire devrait s’appliquer à la situation actuelle.

La situation A correspond à une transmission virale interhumaine à l’étranger (ce qui est le cas aujourd’hui), la situation B à une transmission interhumaine en France, c'est-à-dire à un démarrage de la pandémie sur le territoire français. 

Si le plan prévu est respecté, la direction des opérations serait confiée au Ministre de l’intérieur.

Les grandes mesures envisagées en situation A :

- activation des centres opérationnels départementaux ;
- suspension des liaisons aériennes vers les pays touchés ;
- mise en quarantaine des personnes arrivants des pays atteints ; 
- mesures de contrôle adaptées pour les pays voisins des pays touchés ;
- renforcement du contrôle sanitaire aux frontières ; 
- assistance des ressortissants français à l’étranger ;
- mise en œuvre le cas échéant de mesures de quarantaine, d’isolement, de sécurisation des établissements de santé, des pharmacies et des sites de production des moyens de protection et de traitement ;
- appel à la réserve sanitaire et renforcement des plateformes de régulation des SAMU ;
- information du grand public, des professionnels de santé, des services de secours, des laboratoires, du service de santé des armées… ;
- détection, signalement et prise en charge des personnes atteintes et des sujets contacts ;
- renforcement des capacités de production et de distribution des masques, des tests et des médicaments (mis en forme en vrac). 

Les grandes mesures envisageables en situation B :

En plus des mesures précédentes, les dispositions suivantes seront envisagées et modulées en fonction de l’évolution de la situation:

- suspension du système du médecin traitant ;
- fermeture des crèches, des établissements d’enseignements, des internats ;
- limitation de certains transports collectifs ;
- suspension des activités collectives (spectacles,  manifestations sportives…) ;
- restriction des activités professionnelles non essentielles et des visites dans les établissements de soins ;
- limitation des déplacements individuels ; 
- déclenchement des plans blancs et bleus et éventuellement des plans blancs élargis ;
- création de structures intermédiaires d’hébergements pour certains patients ;
- préconisation du port de masques chirurgicaux par les malades et les personnes indemnes ;
- mesures de maintien d’une activité économique et sociale compatible avec la lutte contre la pandémie (favoriser des modes alternatifs d’organisation) ;
- diverses dispositions juridiques d’exception (organisation de la répartition de l’énergie et du ravitaillement, continuité des principales fonctions de l’Etat et des collectivités) ; 
- éventuel rappel de la réserve militaire opérationnelle ; 
- mesures spécifiques aux services funéraires.

 

La rédaction

 

Pour prendre connaissance du plan détaillé: http://www.grippe-aviaire.gouv.fr/IMG/pdf/PLAN_PG_2009.pdf

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Vos réactions (4)

  • Et la quarantaine ?

    Le 30 avril 2009

    Je suis médecin et je suis effaré de constater que dés la publication de cas au Mexique la ministre de la santé n'est pas exigé que tous les passagers en provenance du Mexique, de Californie ou d'un autre pays de transit en provenance du Mexique (les billets d'avion l'attestent) ne soient pas mis en isolement quelques jours jusqu'à ce que la preuve de leur non infection ne soit faite ! Cela est vieux comme le monde et s'appelle la quarantaine !
    Non ! On les laisse prendre leur taxi et rentrer chez eux ! Et il y a une cellule de crise ! Que serait la situation alors ? Prévenir une pandémie passe par un contrôle très strict aux frontières...

    Dr Jean Bouquet

  • Jouer avec le feu

    Le 01 mai 2009

    Je pense que les autorités sont en train de jouer avec le feu. Ne voulant pas créer la panique auprès du grand public, elles jouent la carte de l'attente, que quelque chose se passe après on réagit. Or cette stratégie peut s'avérer dangereuse, voir suicidaire. La politique sanitaire s'appuie toujours sur la primauté de "soigner" avant la prévention.
    Croisons les doigts pour que la pandémie n'atteigne pas des records.
    Said Oukaci, IDE

  • Informer, sans minimiser ni dramatiser

    Le 02 mai 2009

    Je suis tout à fait d'accord avec les 2 réactions à votre article sur les réactions - ou plutôt la modicité des réactions - des pouvoirs publics face aux risques de cette nouvelle épidémie. Pour avoir vécu l'épidémie de Chickungunya de janvier 2006 à la Réunion où j'exerce, je n'ai pu que constater comme bien d'autres, les propos lénifiants tenus les premières semaines de l'épidémie, aussi bien par les autorités sanitaires que par les politiques lorsqu'ils se sont rendus compte de l'ampleur que prenait cette épidémie. Les grandes mesures, en particulier la lutte contre le vecteur du virus (moustique Aedes Albopictus) n'ont eu lieu que fort tard, ce qui a entraîné au moins 260 000 cas de Chickungunya, soit le 1/3 de la population de La Réunion. Le raisonnement initial était toujours le même: ne pas affoler la population. Mais ne pas informer n'est guère rassurant quand le nombre de cas augmente de façon exponentielle... et l'on finit par obtenir l'effet contraire, voire une incrédulité de la population lorsque la vérité est clairement exposée. Moralité il faut rapidement prendre les mesures qui s'imposent, et bien informer la population, sans minimiser ni dramatiser...

    Dr Xavier Saunier

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