Apport de l'IRM avec injection de gadolinium en cas de PPR

Les symptômes évoquant le diagnostic de pseudopolyarthrite rhizomélique (PPR) ne sont nullement spécifiques, rendant très aléatoire la certitude diagnostique sur une seule base clinique et justifiant le recours à l'imagerie. Des recherches récentes suggèrent ainsi que l'échographie des articulations de l'épaule pourrait détecter des résultats spécifiques de la PPR, en particulier ténosynovite du biceps et bursite sous-deltoïdienne.

Par ailleurs, une équipe japonaise a présenté lors de ce congrès les résultats d'une étude de suivi transversale ayant permis d'évaluer l'apport de l’IRM avec injection de gadolinium (IRM-G+) sur le plan du diagnostic et de la prédiction de l'évolution.

L'analyse concerne 175 patients souffrant de douleurs des 2 épaules répondant aux critères de classification de Bird et ayant consulté entre juin 2012 et juin 2018. Parmi ces patients, 137 avaient bénéficié à la fois d'une échographie et d'une IRM-G+ et un diagnostic de PPR avait été confirmé par au moins 2 rhumatologues chez 58 d'entre eux. Les clichés d'échographie et d'IRM-G+ de ces patients ont été interprétés par des radiologues indépendants.

Les patients ont été traités par 20 mg/j de prednisone jusqu'à rémission avec diminution progressive par la suite et ils ont été suivis jusqu'en juin 2019.

Il est rapporté en IRM-G+ une inflammation fréquente et significative de la capsule articulaire ou des tendons de la coiffe des rotateurs ou du biceps et un œdème osseux focal au niveau des têtes humérales. L'utilisation conjointe de ces 3 critères fait ressortir pour l'IRM-G+ une sensibilité de 76 % et une spécificité de 85 % (les valeurs correspondantes pour l'échographie étant respectivement de 50 % et 72 %). Ces manifestations semblent relativement spécifiques de la PPR et donc susceptibles d'aider au diagnostic.

Au cours du suivi, 24 patients (44 %) ont eu une récurrence de la PPR. Ils étaient plus jeunes, présentaient moins d'inflammation des tendons de la coiffe des rotateurs, mais plus de signes d'hypertrophie synoviale. Selon les investigateurs, chez les sujets correspondants à cette dernière description, la prescription précoce de traitements visant à modifier le cours évolutif  des maladies rhumatismales pourrait être une option pour diminuer le risque de rechutes.

Dr Jean-Claude Lemaire

Référence
Kamada K et coll. : Gadolinium-enhanced magnetic resonance imaging in shoulders contributes accurate diagnosis and predicting recurrence to patients with polymyalgia rheumatica. 2019 American College of Rheumatology (ACR) / Association of Rheumatology Health Professionals (ARHP) Annual Meeting (Atlanta) : 8 – 13 novembre 2019.

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