Après cure chirurgicale d’une cardiopathie congénitale, qu’en est-il de la survie ?

Le traitement chirurgical des cardiopathies congénitales s’est considérablement amélioré au fil du temps et ce, même en présence des malformations les plus complexes. Il n’en demeure pas moins que la survie à long terme des patients opérés n’a pas été pleinement évaluée.

C’est ce qui a conduit LG. Spector et coll. à apprécier la survie à long terme des patients de moins de 21 ans qui avaient bénéficié de la cure chirurgicale d’une cardiopathie congénitale.

L’étude a été menée à partir de la base de données du Pediatric Cardiac Care Consortium, un registre muticentrique américain de chirurgie pédiatrique.

L’analyse a porté sur 35 998 patients qui avaient survécu à la première cure chirurgicale de leur cardiopathie congénitale effectuée alors qu’ils étaient âgés de moins de 21 ans.

La survie de ces patients a été comparée à celle de la population générale au moyen de rapports de mortalité standardisés (RMS).

Après un suivi moyen de 18 ans (soit 645 806 personne-années), 3 191 décès sont survenus avec un RMS global de 8,3 (intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 8,0 à 8,7).

A la 15e année de suivi, le RMS a diminué, passant de 12,7 (IC95 de 11,9 à 13,6) dans la période ancienne (à savoir entre 1982 et 1992), à 10,0 (IC95 de 9,3 à 10,8) à une époque plus récente, à savoir entre 1998 et 2003.

Le RMS est resté élevé même après traitement des cardiopathies congénitales les plus bénignes telles la persistance d’un canal artériel perméable (RMS : 4,5) ou la présence d’une communication inter-auriculaire (RMS : 4,9).

La diminution la plus importante du RMS a été notée chez les patients qui avaient une transposition complète des gros vaisseaux (11,0 pour la période ancienne vs 3,8 pour une époque plus récente ; p < 0,05), un canal atrio-ventriculaire (31,3 vs 15,3 ; p < 0,05) ou un ventricule unique (53,7 vs 31,3 ; p < 0,05).

En conclusion, l’analyse de cette vaste cohorte de patients recueillie aux Etats Unis, montre qu’après cure chirurgicale d’une cardiopathie congénitale, la mortalité reste élevée dans tout l’éventail des anomalies corrigées. En effet, même si la survie des patients s’est améliorée au cours des années, surtout pour ce qui
est des anomalies anatomiques les plus complexes dont le traitement a considérablement évolué, la survie des patients opérés est significativement moindre que celle de la population générale.

Dr Robert Haïat

Référence
Spector LG et coll. : Trends in Long-Term Mortality After Congenital Heart Surgery. J Am Coll Cardiol 2018 ; 71 : 2434–46.

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