Après le tabac, l’alcool mis à l’index dans la DMLA

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est devenue la première cause de malvoyance chez les sujets âgés de 50 ans et plus dans les pays industrialisés, mais les mécanismes qui sous-tendent cette affection et ses facteurs de risque sont mal connus. Seul le tabagisme a, jusque-là, été associé, de façon homogène, à la survenue de la DMLA. Certaines études suggèrent un rôle délétère de la consommation d’alcool, d’autres attribuent à l’alcool un effet rétinien double, comme celui observé sur le cœur et les vaisseaux, nocif à fortes doses et protecteur à doses faibles. Dans ce contexte d’incertitude, des auteurs australiens ont cherché à préciser la relation entre consommation d’alcool et DMLA, via une revue de la littérature et une méta-analyse.

La revue systématique de la littérature a porté uniquement sur des études prospectives de cohorte, pour éviter les biais de mémoire significatifs grevant l’évaluation de la consommation d’alcool dans les études rétrospectives. Les études incluses ont pris en compte l’âge et le tabagisme  et effectué les ajustements appropriés sur ces facteurs confondants potentiels. Sur 441 études identifiées, 5 études de cohorte, fortes d’un suivi de 12 années pour la plupart, ont été retenues.
Ces 5 cohortes, provenant toutes de pays industrialisés, regroupaient 136 946 sujets, parmi lesquels 1 923 ont développé une DMLA (1 513 cas de DMLA précoce, 410 de DMLA tardive).

L’analyse des données regroupées montre une association entre forte consommation d’alcool, définie ici par une consommation atteignant ou dépassant trois unités quotidiennes (≥ 30 g d’alcool par jour) et survenue d’une DMLA précoce (drusens, modifications pigmentaires, ou association des deux), avec un odds ratio, OR de 1,47 (IC à 95 % : 1,10-1,95).
En revanche, les résultats, non homogènes, des 4 études de cohorte sur les 5 analysées, ayant étudié la relation entre consommation d’alcool et DMLA tardive (DMLA exsudative, ou atrophie) ne permettent pas de conclure.
Le petit nombre d’études et l’insuffisance de données n’ont pas permis de mettre en évidence une relation dose-réponse, non plus que d’évaluer la relation entre consommation modérée d’alcool et DMLA ou encore les associations selon le type de boisson alcoolisée.

Les résultats de cette méta-analyse suggèrent toutefois, qu’en matière de prévention de la DMLA, il faille conseiller la réduction de la consommation d’alcool en plus de l’arrêt du tabagisme.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Chong EW-T et coll. Alcohol cunsumption and the risk of age-related macular degeneration : A systematic review and meta-analysis. Am J Ophtalmol, 2008. Publication avancée en ligne, 3 janvier 2008.

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