AR et risque thromboembolique : anti-TNF contre csDMARD

Les patients souffrant d’arthrite rhumatoïde (AR) sont deux fois plus à risque thromboembolique que la population générale. Mais on ne connaît pas bien le rôle que pourraient jouer les traitements de fond par biothérapie appelés bDMARD (biological Disease Modifying Anti-Rheumatic Drug) qui semblent augmenter à 180 jours de traitement le risque thrombolique en comparaison  aux DMARD synthétiques conventionnels (ou csDMARD). A l’inverse, les bDMARD sembleraient avoir un effet protecteur vis-à-vis du risque thromboembolique chez les patients souffrant de maladie inflammatoire de l’intestin.

Une équipe Allemande a mené une étude observationnelle afin d’évaluer les effets des anti-TNF (qui sont des bDMARD) et des DMARD biologiques plus récents (abatacept, rituximab, sarilumab et tocilizumab) sur le risque thromboembolique en comparaison aux DMARD synthétiques conventionnnels. Pour ce faire, ils ont utilisé le  registre allemand RABBITT (Rheumatoide Arthritis: Beobachtung der Biologika-Therapie) qui suit de manière longitudinale et prospective tous les patients recevant des DMARD biologiques depuis 2001. Les patients recevant un DMARD conventionnel après échec d’au moins un DMARD ont formé le groupe contrôle de cette étude dont les résultats ont été présentés par Dr Anja Strangfeld (Berlin). Au total, 11 094 patients ont été enrôlés dans l’étude entre janvier 2009 et avril 2019, patients qui ont eu au moins une consultation de suivi.

Sur le plan démographique, les patients sous DMARD biologiques étaient plus souvent HIV+, avaient plus d’érosions et d’échecs thérapeutiques. Ils avaient également une expression clinique plus importante de leur maladie et un nombre plus élevé de comorbidités. Au total, sur les 10 années de suivi, 116 évènements thromboemboliques ont été enregistrés dans le registre RABBITT, soit une incidence annuelle de 2,6 évènements thromboemboliques/1000 patients sans différence significative entre les groupes étudiés : 2,7 évènements thromboemboliques/1000 patients pour les csDMARD, 3,2 évènements thromboemboliques/1000 patients pour les anti-TNF et 1,7 évènements thromboemboliques/1000 patients pour les bDMARD plus récents (abatacept, rituximab, sarilumab et tocilizumab). Les facteurs de risque thromboemboliques identifiés par l’équipe Allemande sont : un âge ≥ 65 ans et un taux de C-Reactive Protein (CRP) >5mg/l. Faits intéressants, la condition physique et la prise d’anti-TNF (plutôt que de csDMARD) semblent des facteurs plutôt protecteurs vis-à-vis des troubles thromboemboliques.

Dr Schaefer, conclue la session de questions en précisant que les anti-TNF restaient encore protecteurs lorsque l’analyse statistique était ajustée sur des composants du score d’activité de la polyarthrite rhumatoïde ou DAS28 (Disease Activity Score).

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Schaefer M, et coll. : TNF inhibitors are associated with a reduced risk of venous thromboembolism compared to csDMARDs in RA patients. Congrès annuel de la ligue européenne contre le rhumatisme (EULAR). 3 juin 2020 (virtuel).

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