Arrêt cardiaque dans COACT : coronarographie oui, en urgence non !

L'étude randomisée multicentrique hollandaise COACT (COronary Angiography after Cardiac arresT) a comparé la coronarographie immédiate (Coro I) ou différée (Coro D) chez des patients ayant présenté un arrêt cardiaque ressuscité sans sus-dénivellation du segment ST.

Le critère principal d’évaluation était le taux de survie à J 90 et, à ce terme, il n’y avait aucune différence entre les deux attitudes (Coro I : 64,7 %, Coro D : 67,2 %). Un bénéfice à plus long terme pouvant toutefois être escompté, les résultats à 1 an ont été rapportés au cours de ce congrès.

Cette étude comportait initialement 552 patients répartis par randomisation 1:1 entre les deux bras. Il s'agissait de patients adultes, comateux (score de Glasgow < 8) ayant récupéré une hémodynamique correcte après arrêt cardiaque ressuscité en rapport avec une tachycardie ou une fibrillation ventriculaire.

L’arrêt cardiaque avait eu un témoin dans 80 % des cas environ. Le délai médian avant mise en route de la réanimation était de 2 minutes et le délai médian avant retour à une circulation spontanée de 15 minutes.

Le délai médian entre la randomisation et la coronarographie (réalisée dans 97 % des cas) était de 0,9 heures dans le bras Coro I, et de 119,9 heures dans le bras Coro D (réalisation dans 64,7 % des cas). Une occlusion coronaire chronique globale était observée dans environ un tiers des cas dans les 2 bras.

L'analyse à 1 an porte sur 522 patients et le taux de survie est de 61,4 % dans le bras Coro I (n = 264) et de 64,0 % (n = 258) dans le bras Coro D (HR [Hazard Ratio] = 0,90 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,63-1,28). Il n'y a pas non plus de différence significative entre les deux bras pour aucun des autres critères évalués (nouvel infarctus, revascularisations ultérieures, hospitalisations pour insuffisance cardiaque ou chocs par le défibrillateur, scores de capacité physique et scores de capacité mentale).

Un travail qui démontre donc que, chez ce type de patients sans surélévation du segment ST, la coronarographie doit in fine être faite à un moment donné, mais qu'il n’y a aucun bénéfice à la réaliser dans l’urgence.

Dr Jean-Claude Lemaire et Dr Eric Tison

Référence
Lemkes J : One Year Outcomes of Coronary Angiography After Cardiac Arrest. Scientific Sessions 2019 American Heart Association (AHA) (Philadelphie) : 16-18 novembre 2019.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article