Arrêter le THS n’est pas non plus sans inconvénients !

On se souvient du tollé qu’avait suscité la publication, en 2002, des résultats de l’étude américaine WHI (Women’s Health Initiative) selon lesquels le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) augmentait le risque de cancer du sein et de maladies cardiovasculaires. L’utilisation de ce traitement avait alors chuté de façon spectaculaire. C’est ce que rappelle une équipe américaine qui a décidé d’évaluer l’état de santé, la prise de médicaments et la qualité de vie d’une série de New-yorkaises qui ont bénéficié d’un THS estroprogestatif ou estrogénique pendant au moins cinq ans puis l’ont arrêté (1). 

Cette étude rétrospective a inclus au total 310 femmes âgées de 56 à 73 ans, réparties en trois groupes : le premier comportait les femmes qui ont poursuivi leur traitement hormonal (n = 159), le second, celles qui l’ont repris après une interruption d’au moins 6 mois (n = 43) et le troisième, celles qui l’ont définitivement arrêté (n = 108). Lors du recrutement, les deux premiers groupes de participantes avaient des caractéristiques similaires ; le groupe 3 se distinguait par un âge plus élevé de 1,5 ans et une durée de prise du THS moins importante de 4,4 mois.

L’analyse des résultats montre que les femmes qui ont arrêté de prendre le THS ont une qualité de vie significativement moins bonne que celle des autres participantes. Cette différence se traduit par un score UQOL (Utian Quality of Life Score) plus bas (83,4 versus 87,6 dans les deux autres groupes ; p < 0,02), en particulier dans le domaine de la satisfaction professionnelle. Il apparaît également que l’incidence de l’hypertension artérielle est significativement plus élevée après l’arrêt définitif du THS : 27,4 % des femmes dans cette situation prenaient un traitement antihypertenseur versus, respectivement, 16,6 % et 16,3 % de celles qui l’avaient poursuivi ou repris (p < 0,04).

Forts de ces résultats, les auteurs concluent que l’arrêt du THS peut prédisposer certaines femmes à un risque d’HTA et altérer leur qualité de vie. Rappelons qu’un consensus international d’experts, publié en avril dernier (2), a réaffirmé l’intérêt de ce traitement tout en précisant ses modalités de prescriptions et les populations de femmes dans lesquelles son rapport bénéfice/risque est le plus favorable.

Dr Catherine Faber

Références
1) Warren MP et coll. : Quality of life and hypertension after hormone therapy withdrawal in New York City. Menopause. 2013 ; 20 : 155-63.
2) de Villiers TJ et coll. : Global Consensus Statement on Menopausal Hormone Therapy. Climacteric. 2013 ; 16 : 203-4.

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Vos réactions (1)

  • Biais énorme

    Le 12 décembre 2013

    Il est bien évident que les femmes les plus enclines à arrêter le TSH ont été les plus fragiles et à risque !
    Par conséquent il est normal que ce groupe non tiré au hasard soit moins bien loti par rapport à celui des imperturbables qui ne suivent pas ce que conseillent leur médecin ou à qui leur médecin a conseillé de poursuivre sans réel sur risque puisque par hérédité et constitution personnelle elles donnaient des gages de pouvoir rester jeune éternellement.
    On a déjà pu montrer ce phénomène chez les fumeurs qui arrêtent de fumer qui meurent plus que ceux qui continuent ...
    Décidément les médecins ont grandement besoin de l'appui des statisticiens pour éviter les statistiques inexploitables ou en décider de nouvelles, les seules admissibles : randomisées et double insu !
    Tout le reste n'est que littérature...

    François Roche

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