Arthrose digitale érosive : le méthotrexate en échec mais porteur d'espoir

L’arthrose érosive des doigts est une affection fréquente, douloureuse, déformante et handicapante pour laquelle il n'existe malheureusement pas de traitements véritablement efficace. Son évolution naturelle est caractérisée par une succession de phases érosives et de remodelage, réarrangements qui suggèrent l’implication de plusieurs cytokines inflammatoires connues pour leur impact dans la dégradation du cartilage et la résorption osseuse.

Lors de la réunion annuelle de l'American College of Rheumatology / Association of Rheumatology Professionals (ACR/ARP 2019), notre compatriote Christian Roux (Nice) a rapporté en session plénière les résultats d'une étude prospective randomisée contrôlée dont l'objectif était d'évaluer l'impact du méthotrexate (MTX) sur les douleurs, la fonction et la progression des lésions articulaires de patients atteints d’arthrose érosive des doigts symptomatique.

Il s'agit d'une étude ayant concerné 64 patients qui ont reçu en double aveugle du MTX à la dose de 10 mg/semaine ou un placebo pendant un an.

Le critère d'évaluation principal était la douleur sur une échelle visuelle analogique (EVA) à 3 mois.

Les critères d'évaluation secondaires étaient les caractéristiques cliniques, notamment la douleur, les caractéristiques radiographiques et l'imagerie par résonance magnétique (IRM) à 12 mois.

À trois mois, il n'y avait pas de différence significative dans l'évolution du score de douleur évalué par échelle visuelle analogique ni en termes de fonction entre les deux groupes (p = 0,2). Il n’y avait pas non plus de différence significative en termes de douleurs et fonction à 12 mois. En revanche, à 12 mois, il a été constaté un surcroit significatif d'évolution vers le remodelage chez les patients du bras MTX par rapport aux patients du bras placebo, respectivement 27 % versus 15 % (p = 0,03). De plus, les articulations avec pincement articulaire des patients du bras MTX avaient tendance à présenter moins d'érosion que celles des patients du bras placebo, soit 8 % versus 29 % (une différence qui n'est toutefois pas significative).

Les taux initiaux l'interleukine-6 et l'existence d'une synovite sur les IRM de départ ressortent comme des facteurs prédictifs de l'évolution structurale érosive des articulations initialement sans érosion.

Au total, une étude négative que Christian Roux met sur le compte de la nature multifactorielle de la douleur dans cette forme d'arthrose. Mais des résultats sur le plan structurel qui devraient inciter à explorer plus avant la piste du traitement précoce pour renforcer le remodelage et limiter la progression érosive.

Dr Jean-Claude Lemaire

Référence
Ferrero S et coll. : Methotrexate in Patients with Hand Erosive Osteoarthritis Refractory to Usual Treatments: A Randomized, Double-blind, Placebo-controlled Trial. 2019 American College of Rheumatology (ACR) / Association of Rheumatology Health Professionals (ARHP) Annual Meeting (Atlanta) : 8 – 13 novembre 2019.

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