Attractivité de certaines carrières hospitalières : des primes confirmées

Paris, le jeudi 16 mars 2017 – Marisol Touraine s’est toujours érigée en défenseur de l’hôpital public. Cependant, au-delà de ces déclarations d’intentions, les espoirs ont été rapidement déçus. Ainsi, à l’automne dernier, les syndicats de praticiens hospitaliers ont commencé à manifester leur grogne et leur insatisfaction. Rien selon eux n’avait en effet été fait en quatre ans pour renforcer l’attractivité des carrières hospitalières, alors que dans certaines spécialités le nombre de postes vacants est abyssal. Il manquerait ainsi selon les syndicats 1 500 anesthésistes et 1 200 radiologues dans les hôpitaux publics français.

Finalement, le ministère de la Santé a dévoilé en octobre dernier une série de mesures destinées à retenir les jeunes praticiens dans le giron de l’hôpital. Si les organisations se sont satisfaites de ce programme, elles conservaient cependant quelques inquiétudes quant au calendrier d’exécution. Aujourd’hui, elles observent avec soulagement la publication au Journal officiel de deux décrets et trois arrêtés qui entérinent la création de nouvelles primes.

Jusqu’à 30 000 euros de prime possible pour les radiologues et les anesthésistes

La première, qui concerne l’échelon national, vise les jeunes diplômés en radiologie et en anesthésie-réanimation, qui après leur titularisation comme praticien hospitalier, s’engageront à demeurer pendant trois ans en poste au sein d’un établissement public. Cette prime s’élèvera à 10 000 euros. Les spécialités concernées ont la particularité de présenter un taux de vacance de 20 % et un nombre de postes libres largement supérieur à 250. D’autres disciplines pourraient être concernées dans l’avenir (la liste sera révisée chaque année).

Une seconde prime vise l’échelon local. Elle sera perçue par un praticien s’engageant pendant trois ans dans un établissement et dont la spécialité « est ou risque d’être insuffisante » dans l’hôpital « au sein duquel il exerce ». Ici, d’autres disciplines pourraient donc être  concernées, telle la gynécologie. A noter, que le cumul sera possible pour les anesthésistes et les radiologues. Cette seconde prime s’élève à 20 000 euros.

Un calendrier pas innocent ?

Parallèlement à ces "bonus" à l’embauche, les textes qui viennent d’être publiés créent une prime « d’exercice territorial » que pourront percevoir les médecins d’un établissement acceptant de prêter main forte dans un hôpital du même Groupement hospitalier de territoire, connaissant des difficultés de recrutement. Cette dotation variera entre 250 euros brut pour une demi-journée et 1 000 euros au-delà de quatre demi-journées ou quatre demi-journées sur deux sites différents au moins.

Ces différentes améliorations salariales peuvent être appliquées dès demain et constituent sans contexte un élément de réponse aux difficultés de recrutement que connaissent certains hôpitaux et certaines spécialités. Quant à la date de cette officialisation, certains regretteront son retard, tandis que d’autres ne s’étonneront guère de sa proximité avec les élections.

Aurélie Haroche

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