Austérité, épuisement, gel des salaires : les hospitaliers dans la rue hier

Paris, le mercredi 27 janvier 2016 – A l’instar de l’ensemble de la fonction publique, les personnels hospitaliers étaient appelés à la grève et à la manifestation hier. Si, comme souvent, le monde de l’hôpital n’a pas massivement répondu à l’invitation, dans les rues, des centaines de personnes ont cependant défendu ses revendications. Ces dernières rejoignent tout d’abord pour une grande part celles de l’ensemble de la fonction publique : le gel du point d’indice est unanimement dénoncé. Ainsi, avant la journée de mobilisation, la CGT proposait sur la section santé de son site internet un petit programme informatique permettant à chacun de calculer les sommes « non perçues » depuis 2000.

Suppression de postes et fermetures de lits : spirale infernale

Au-delà de cette dénonciation unanime, les préoccupations des agents de la fonction publique hospitalière concernent également la cure "d’austérité" imposée à l’hôpital. De fait, le gouvernement entend réaliser trois milliards d’économies dans les établissements publics de santé. Si le ministre de la Santé a officiellement répété que ces objectifs n’auraient aucune incidence sur l’emploi, beaucoup redoutent néanmoins des conséquences sur les effectifs, alors que les tensions sont déjà nombreuses. De même, les fermetures et les restructurations se sont accélérées en 2015, dans un mouvement dénoncé par la Fédération hospitalière de France (FHF) elle-même, en dépit, là encore des déclarations rassurantes du ministre de la santé. Une situation et des perspectives qui nourrissent une inquiétude profonde chez les hospitaliers.

Un épuisement dangereux

S’ils se montrent aussi déterminés à dénoncer les conséquences de cette politique, c’est, insistent-ils parce qu’outre leurs conditions de travail, c’est la qualité des soins qui serait menacée. Président de la CFE-CGC, Thierry Amouroux résume ainsi les enjeux de la mobilisation d’hier : « Aujourd'hui, on se retrouve dans un système industriel de gestion à flux tendu, avec du personnel qui revient régulièrement sur ses jours de repos parce qu'il manque du personnel, et donc les gens sont épuisés. Lorsqu'on est fatigué on augmente son risque d'erreur. Au niveau de l'AP-HP, le nombre d'événements indésirables graves a été multiplié par deux entre 2013 et 2014 » souligne-t-il.

Déception

Face à ces différentes préoccupations, les syndicats se montrent plus que dubitatifs quant aux "solutions" envisagées par le gouvernement et notamment vis-à-vis de la création annoncée de groupements hospitaliers de territoire (GHT). Beaucoup redoutent en effet que cette mesure ne fasse qu’accroître les fermetures de services et de lits et la pression  budgétaire. Une délégation de personnels franciliens, reprenant l’ensemble de ces revendications et rappelant également leur opposition à la réforme du temps de travail que tente de mettre en place l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) a été reçue par le ministère de la santé devant lequel défilaient une centaine de personnes. La déception se lisait sur les visages à l’issue de cette rencontre, les réponses concernant les craintes inspirées par l’austérité n’ayant pas été différentes de celles avancées précédemment, tandis que le ministre a indiqué ne pas pouvoir leur apporter de précision concernant le gel du point d’indice.

Aurélie Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article