Automédication : l’AFIPA part seule en campagne

Paris, le mardi 21 juin 2016 - L'Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (AFIPA) a un mois de juin chargé. Après l’élection de son nouveau président en la personne de Dominique Giulini, responsable de la branche Santé

Familiale chez Novartis, le lobby des industriels qui produisent et commercialisent des produits de santé disponibles sans ordonnance (OTC), vient de lancer une vaste campagne de communication grand public intitulée : « Ma santé mon choix : la minute info de l'automédication responsable ».

Du 20 juin au 1er juillet 2016, un site internet (www.masantemonchoix.org), des spots diffusés sur les radios (hertziennes et web), ainsi que des vidéos qui défileront sur les écrans de 1 300 officines, seront chargés de relayer des messages pédagogiques en faveur du développement de l’automédication responsable, « une composante du selfcare », comme l’indique l’AFIPA. Si le dispositif est conséquent, cette campagne se fera pourtant sans l’appui des pouvoirs publics dont l’association déplore « l’absence d’initiative (…) en matière d’information sur l’automédication ». L’automédication ne représente que 15,4 % du marché français du médicament, contre 32,3 % en moyenne dans les autres pays européens.

Des économies pour le système de santé

Bien décidée à développer la pratique de l’automédication tout en délivrant les bons messages pour éviter le mésusage, l’AFIPA a entamé ce cycle de communication en mars dernier avec la publication de son « Manifeste du selfcare ». Partant du principe que 80 % des Français ont eu recours à l’automédication dans l’année écoulée et que la chaîne de soins est saturée, elle propose la mise en place d’un ensemble de mesures qui pourraient, selon ses calculs, permettre de réaliser 1,5 milliard d’euros d’économies en l’espace d’un an. Le milliard serait réalisé sur les produits de santé et les 500 000 euros restant grâce aux consultations évitées.

A côté d’une demande de baisse de TVA à 2,1 % (contre 10 % actuellement) pour les OTC, l’AFIPA propose également de dérembourser les molécules associées au traitement des pathologies bénignes considérées comme adaptées à l’automédication. Selon une étude commandée par l’association, 60 % des Français « se déclarent prêts à accepter une prise en charge individuelle des dépenses de santé pour leurs pathologies bénignes ». Alors que le prix moyen pour un médicament d’automédication est de 4,69 euros, la même étude explique que les Français sont d’accord pour débourser jusqu’à 11 euros « pour un médicament accessible sans ordonnance, non remboursé et conseillé par leur pharmacien ». Autant d’arguments qui pourraient intéresser les états-majors de campagne des candidats en devenir à l’élection présidentielle de 2017.

Benoît Thelliez

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