AVC aigu ou récent : un syndrome confusionnel chez un patient sur quatre

Les syndromes confusionnels, quelle qu’en soit l’étiologie, ne sont jamais annonciateurs de bonnes nouvelles. Ils sont en général associés à une évolution clinique troublée avec une surmortalité, une durée plus longue du séjour hospitalier et un pronostic fonctionnel plus souvent défavorable. Si l’on se réfère spécifiquement aux AVC, force est de constater que les données épidémiologiques concernant leur association éventuelle aux syndromes confusionnels sont insuffisantes comme le montre la consultation des bases de données de la littérature médicale internationale.

Les mots-clés adéquats ont permis d’identifier 8 882 titres d’articles, dont 32 seulement ont été retenus pour une méta-analyse reposant sur un modèle à effets aléatoires qui a permis d’estimer le risque de syndrome confusionnel dans les six semaines suivant un AVC aigu en termes de prévalence ou d’incidence. Les estimations ont été faites sur données résumées. Les biais potentiels ont été pris en compte au moyen de l’outil Newcastle-Ottawa qui intègre les analyses de sensibilité. Des analyses spécifiques ont porté sur des sous-groupes constitués en fonction des critères suivants : (1) les éléments du diagnostic de syndrome confusionnel (évaluation, score, autre) ; (2) durée de ce dernier et moment auquel il est survenu (> 1 ou < 1 semaine). Une méta-régression a par ailleurs pris en compte l’année de la publication.

Peu de lumière sur la confusion

L’analyse quantitative finale qui a porté sur 6718 participants a permis d’estimer la fréquence du syndrome confusionnel à 25 % (intervalle de confiance à 95 [IC 95 %], 20-30 %). Si l’on se limite aux études de qualité supérieure avec un faible risque de biais (n=22, 4422 participants), le pourcentage correspondant est de 23 % (IC 95 %, 17-28 %). Des variations de cette fréquence sont constatées dans les divers sous-groupes. En revanche, ni la durée du syndrome ni le délai entre l’AVC et ce dernier n’ont eu d’effet significatif sur sa prévalence/incidence. L’analyse par méta-régression, pour sa part, a révélé que ces valeurs tendaient à décliner significativement au fil du temps, si l’on se réfère aux études les plus récentes au (p<0,0001).

Les syndromes confusionnels semblent être monnaie courante dans les suites d’un AVC récent (< six semaines), puisqu’ils concerneraient près d’un patient sur quatre. Leurs étiologies sont multiples et leur signification clinique et pronostique est loin d’être univoque. Il n’y a que peu de points communs entre le syndrome confusionnel qui inaugure l’AVC et celui qui survient dans les semaines suivantes : d’autres études sont nécessaires pour améliorer la connaissance d’un sujet qui n’a jusqu’ici suscité qu’un intérêt très modéré, si l’on en juge d’après le nombre d’études incluses dans la méta-analyse.

Dr Philippe Tellier

Référence
Shaw RC et coll. Occurrence Rate of Delirium in Acute Stroke Settings: SystematicReview and Meta-Analysis. Stroke. 2019 ; 50 :3028-3036. doi: 10.1161/STROKEAHA.119.025015.

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