Avenir de l’officine : les candidats à la présidentielle ne se mouillent pas

Paris, le mardi 7 mars 2017 - Amenés à débattre lors des 10e Rencontres de l’Officine qui se sont déroulées du 4 au 6 mars dernier à Paris, les représentants d’Emmanuel Macron (En Marche !), Benoît Hamon (PS), François Fillon (LR) et Marine Le Pen (FN) ont présenté leur programme pour l’officine pharmaceutique et répondu aux questions des trois syndicats professionnels : la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) et de l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF).

A la question de savoir s’ils comptaient préserver le modèle réglementé  ou si des réformes structurelles leur semblaient nécessaires, tous ont convergé pour dire qu’il ne fallait surtout pas détricoter le système actuellement en place. « Ce modèle nous convient et nous n’en changerons pas », a ainsi affirmé Alain Milon (LR), médecin et président de la commission des affaires sociales du Sénat, qui a précisé que son candidat était « contre l’ubérisation, la vente de médicaments dans les supermarchés et favorable à la réglementation des marges ».

Pour le Pr Jean-Jacques Mourad, hypertensiologue et représentant d’E. Macron, il « ne faut pas remettre en cause ce qui fonctionne bien ». Une opinion également partagée par l’épidémiologiste Alfred Spira (PS) qui ne voit « aucune raison de changer de modèle » et pour qui il est important de préserver « l’indépendance des pharmaciens ». Du côté du FN et de Mickael Ehrminger (spécialiste des sciences cognitives) on insiste sur le fait que « l’officine doit rester le lieu unique de la dispensation des médicaments » et que le pharmacien « n’est pas un épicier ». Sur ce point, il n’y a donc aucune controverse majeure à signaler.

Des initiatives et du flou

Sur le volet des nouvelles missions à confier aux pharmaciens, là encore les représentants des quatre candidats sont assez en phase. Rappelant que, contrairement aux médecins, les pharmaciens avaient « déjà fait leur révolution numérique » et disposaient d’un maillage territorial efficace, J.J. Mourad a assuré qu’il y aurait « de la place pour de nouvelles fonctions » rémunérées grâce, notamment, à un objectif national des dépenses de l’assurance maladie (ONDAM) de + 2,3 % et étalé sur 5 ans. A. Milon est resté constant sur une ligne « favorable à la politique conventionnelle », plutôt que sur « un dirigisme étatique », tout en laissant entrevoir la possibilité de faire du pharmacien « le premier à effectuer une consultation » en tant que professionnel de santé de première ligne. Sur ce point à fort potentiel polémique, A. Milon n’a pas développé plus avant et s’est contenté de la présenter comme une piste de réflexion comme une autre.

Au FN, on constate également que « le pharmacien est amené à voir ses compétences et ses fonctions évoluer » et l’on réaffirme la volonté du parti de Marine Le Pen de « développer les maisons de santé pluridisciplinaires » pour, notamment, « faire de la conciliation médicamenteuse ». Le PS est quant à lui favorable à « des concertations locales, voire micro-locales » qui tiendraient compte, au niveau des Agences régionales de santé (ARS), des besoins spécifiques de chaque territoire en prenant en compte l’avis des usagers de santé. Là encore, l’initiative proposée est restée vague et aucune précision n’a été apportée quant au rôle éventuel des pharmaciens dans ces concertations. Le seul point sur lequel les représentants des candidats pouvaient éventuellement diverger, la vente de médicaments à l’unité annoncée dans le programme d’E. Macron, n’a malheureusement pas été abordé au cours de cette discussion.

On ressort de ce débat en constatant que l’avenir de la pharmacie officinale ne constitue pas un sujet clivant entre candidats. De là à penser qu’il ne s’agit pas d’un sujet du tout…

Benoît Thelliez

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