Beaucoup de traumas avec les engins à roulettes

Les engins à roulettes, c'est-à-dire les petits scooters, les planches à roulettes, les patins à roulettes, les rollers et les trottinettes éventuellement motorisées sont responsables d’un nombre non négligeable d’accidents : traumatismes crâniens (risque réduit de 80 % avec le port d’un casque de cycliste…) et blessures des membres (risque multiplié par un facteur 10 chez les adultes adeptes de rollers en l’absence de protection des poignets et genoux).

Les résultats d’une étude menée par des chirurgiens pédiatres et urgentistes de 2 hôpitaux pédiatriques de Brisbane (Australie) illustrent ce propos. Ils ont fait le relevé sur 1 an des enfants hospitalisés au moins 24 h pour un traumatisme lié à l’un de ces engins à roulette. Au total, pendant la période d’étude, 849 enfants ont été hospitalisés pour traumatisme et pour 45 (5,3 %) ce traumatisme était lié à l’utilisation d’un engin à roulettes. Six parmi ces 45 patients ont été admis en soins intensifs et 5 avaient des blessures considérées comme graves ; 4 enfants sont décédés. Il s’agissait de garçons se servant d’un scooter et l’un d’entre eux a été victime d’une collision avec une voiture.

Scooter et planche à roulette, les principaux coupables

De fait la majorité des accidents résultaient de l’utilisation d’un scooter (23/45, 51 %) ou de planches à roulettes 21 (47 %), 1 seul étant lié à des patins à roulettes tandis que rollers ou trottinettes motorisées n’avaient jamais été en cause. L’âge médian est de 11 ans (différence interquartile 9-13) et 76 % sont des garçons dont les 4 plus jeunes ont eu un accident de scooter. La durée médiane d’hospitalisation a été de 2 jours.

Un total de 113 blessures a été enregistré chez les 45 patients avec un nombre médian de deux (IQ 1,75-3), 78 % d’entre eux en ayant plus d’une. Les fractures des membres étaient les plus nombreuses : membres supérieurs 15, inférieurs 15, suives des fractures du crâne 5, de la colonne 2. Les autres blessures étaient des lacérations (7 cas), des saignements intracrâniens (5) et des blessures viscérales (5), sans compter les contusions bénignes. Plus de la moitié des enfants ont été blessés dans le domaine public. Seuls 3 enfants sur 11, pour lesquels le port du casque était documenté, en portaient un.

Les engins à roulettes « de loisir » sont donc responsables d’un nombre significatif de blessures chez l’enfant, probablement sous-estimé dans ce travail qui n’a concerné que des structures publiques. Le port d’un casque et de protection des genoux et poignets devrait être systématique.

Pr Jean-Jacques Baudon

Références
Kaddis M et coll. : Trauma in children due to wheeled recreational devices. J Pediatr Child Health 2016; 52: 30-33

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