Bilan des JO d’été 2008 : qui se blesse et pourquoi ?

Réalisant une enquête à la demande du Comité International Olympique (CIO) sur les blessures encourues par les athlètes au cours des Jeux Olympiques d’Eté, Astrid Junge a obtenu des informations de 92 équipes olympiques, représentant 88 % des 10 977 athlètes inscrits aux JO de Pékin. Ces équipes médicales ont comptabilisé 1 055 blessures, soit une prévalence de 96,1/1000 athlètes ; la moitié de ces blessures (49,6 %) empêchant l’athlète de poursuivre la compétition ou l’entraînement.

Le diagnostic le plus fréquemment émis a été celui d’entorse de la cheville ou d’élongation musculaire à la cuisse, la plupart du temps en cours de compétition (72,5 %). Enfin, si un tiers des blessures est survenu au contact d’un adversaire, 22 % des blessures étaient en rapport avec un surentraînement et 20 % étaient « spontanées » sans effort caractéristique rapporté ; ce qui a fait émettre l’hypothèse d’une fatigue ou d’un stress exagéré empêchant l’athlète de mettre en accord son schéma corporel avec l’exercice fourni.

Les blessures ont bien entendu été notifiées dans tous les sports, mais certaines disciplines ont payé un plus lourd tribut. Le football, le taekwondo, le hockey, le handball, l’haltérophilie et le boxe ont vu en effet plus de 15 % de leurs athlètes blessés, tandis qu’en voile, en canoë/kayak, en aviron, en nage synchronisée, en plongeon, en natation et en escrime, il n’y a  quasiment pas eu de blessés. Ce qui a suscité de la part de Jacques Rogge, président du CIO, mais aussi orthopédiste et donc connaisseur en la matière, la mise sur pied d’une commission dont l’objectif est de définir des mesures préventives spécifiques à chaque blessure et à chaque sport.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Junge A et coll. : Sports injuries during the summer olympic games 2008. Am J Sports Med 2009 ; 37 (11) : 2165-72.

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