Biothérapies, amélioration équivalente des PR précoces et tardives

Ayant constaté que les PR (polyarthrite rhumatoïde) se déclarant chez des sujets âgés étaient souvent plus actives et plus invalidantes que celles qui frappaient des sujets plus jeunes et que, paradoxalement, le recours aux biothérapies était moins fréquents chez les sujets âgés, une équipe japonaise a entrepris de démontrer que ce type de traitement pouvait être efficace et sûr chez les personnes âgées.

L'étude présentée lors de la réunion annuelle de l'American College of Rheumatology / Association of Rheumatology Professionals (ACR/ARP 2019) a été menée à partir des données de 7 183 patients adultes atteints de PR inscrits dans un registre observationnel multicentrique japonais entre septembre 2009 et décembre 2017 et ayant un DAS-28 (Disease Activity Score 28 articulations) VS initial ≥ 3,2.

Les investigateurs ont évalué la relation entre l'âge d'apparition de la PR (≤ 60 ans versus > 60 ans) et l'efficacité clinique du traitement à 48 semaines. Le critère de jugement principal était le score CDAI (Calculateur Clinical Disease Activity Index) à 48 semaines. Les critères secondaires comprenaient la persistance du traitement à 48 semaines, l'atteinte d'un score CDAI indiquant une rémission ou une faible activité clinique/rémission.

L'analyse confirme que les biothérapies sont moins fréquemment utilisées en cas de PR tardives qu'en cas de PR précoces (18,3 % versus 28,0 %). Et, parmi les 989 patients chez qui ce type de traitement a été initié, les PR tardives ne représentent qu'un peu plus d'un tiers des cas (36,4 % ; n = 364).

Après ajustement pour les différences des caractéristiques de base entre sujets jeunes et sujets âgés, les investigateurs n'ont constaté aucune différence significative pour les scores CDAI à 48 semaines (OR [odds ratio] = 1,01 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de –0,62 à +2,64 ; p = 0,22). Ils ont également rapporté une tendance à moins de scores CDAI indiquant une rémission en cas de PR tardive. Les scores indiquant une faible activité/rémission étaient similaires entre les deux groupes d'âge.

A noter aussi l'absence de différence entre les deux groupes d'âge en termes de persistance du traitement (HR [Hazard ratio] = 0,95 ; IC95 de 0,55 à 1,35 ; p = 0,78) et de taux d'abandons pour effets secondaires (HR = 0,78 ; IC95 de 0,38 à 1,18 ; p = 0,22).  

Sur cette base, il est conclu que l'efficacité des biothérapies est très largement indépendante de l'âge de survenue de la PR. La contrainte liée à l'âge est essentiellement la survenue plus fréquente d'effets secondaires, en particulier les infections. Ce qui doit faire choisir judicieusement les sujets susceptibles d'être traités de façon sûre. La médecine reste un art !  

Dr Jean-Claude Lemaire

Référence
Jinno S et coll. : Are There Differences in Efficacy and Safety of Biological Disease-modifying Antirheumatic Drugs Between Elderly-onset and Young-onset Rheumatoid Arthritis ? 2019 American College of Rheumatology (ACR) / Association of Rheumatology Health Professionals (ARHP) Annual Meeting (Atlanta) : 8 – 13 novembre 2019.

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