Bloque ton Bloc : les IBODE déterminés à intervenir pour sauver leur compétence !

Paris, le jeudi 7 novembre 2019 – Reconnaître la spécificité des missions des infirmiers de bloc opératoire et leur compétence exclusive concernant certains actes sont depuis de longues années les revendications de ces professionnelles, qui estiment que leur satisfaction contribuera à renforcer la sécurité des patients. Cependant, ces aspirations se heurtent à des problèmes d’effectifs : les infirmier(e)s de bloc opératoire (IBODE) dûment diplômé(e)s ne seraient pas encore assez nombreux pour garantir le bon fonctionnement des blocs, d’où l’insistance de certains, notamment chez les chirurgiens, pour différer l’adoption de textes interdisant aux non IBODE d'exercer certains actes. Or, pour ces infirmières qui se sont astreintes à compléter leur formation et qui ont développé un savoir technique, ces atermoiements relèvent d’une forme de mépris.

De report en report…

Ainsi, le décret du 29 janvier 2015 faisant de trois actes essentiels (l’aide à l’exposition, à l’hémostase et à l’aspiration) les compétences exclusives des IBODE devait entrer en vigueur le 1er janvier 2018. Mais faute d’IBODE en nombre suffisant (et faute d’aides financières suffisamment incitatives pour encourager les infirmiers à épouser la carrière d’IBODE) les pouvoirs publics ont repoussé l’application du texte au 1er juillet 2019. A la veille de l’échéance cependant, le gouvernement n’a pu que constater que le nombre d’infirmiers spécialisés n’a guère évolué suffisamment. Aussi, un nouveau report apparaissait indispensable : l’entrée en vigueur du décret de 2015 a donc été repoussée in extremis au 1er janvier 2020. Par ailleurs, des mesures transitoires sont prévues : les infirmiers (non IBODE) qui comptent au 30 juin 2019 un an d’ancienneté dans un bloc opératoire (et non deux ans comme le prévoyait une précédente version) pourront demander une autorisation temporaire ou définitive d’exercer au bloc.

La publication de ce texte a été présentée comme une réponse à l’urgence. Elle a cependant attisé la colère et la déception des IBODE. Ces sentiments ont été renforcés quand dans le cadre de son pacte pour la refondation des urgences, le ministre de la Santé a préconisé que certains actes comme la pose de plâtre ou les sutures puissent être déléguées à des non IBODE. Cette proposition a été vécue comme un « affront supplémentaire ». Aussi, ces professionnels ont entamé une grève le 23 septembre. Si elle bénéficie d’un large soutien, elle n’a guère d’impact significatif et ne permet donc pas aux IBODE de voir leurs revendications relayées. Aussi, une journée d’action plus choc est organisée aujourd’hui, une grève dure (hors soins urgents) répondant au slogan Bloque ton bloc. Par cette manifestation, cette cessation du travail et parfois l’occupation des blocs opératoire, ces IBODE veulent dénoncer « les incohérences du ministère de la Santé qui organise un flou volontaire sur les problématiques soulevées par les responsables des syndicats ». Il s’agit également pour les IBODE de présenter l’ensemble de leurs revendications. Outre l’application pleine et entière du décret de janvier 2015, ils souhaitent notamment une « prime spécifique de 300 euros suite à l'obtention de nos actes exclusifs et une revalorisation des grilles indiciaires pour les IBODE et cadres IBODE ». Leurs espérances concernent également la réingénierie de leur diplôme. Autant de nouvelles attentes qui s’ajoutent à toutes celles que doit, au moins, entendre le ministre de la Santé.
 

Aurélie Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (3)

  • Plus que de la colère de l'indignation

    Le 07 novembre 2019

    La colère des IBODE est plus que légitime depuis 2015, face au report du décret 2015-74, face au mépris de nos compétences, face au salaire dérisoire, face à des mesures transitoires qui ne sont pas applicables car elles placent nos collègues IDE en situation d'éxercice illégal, face des actes spécifiques IBODE attribués aux IDE des urgences, face a une VAE qui a été volontairement rendue inaccessible, un parcours mixte inexistant. Tout est fait sans concertation avec la base, les professionnels de terrain.. il est plus que temps que nos pouvoirs publics réagissent face à ces inégalités et ces abérations. Comment peuvent-ils être hermétique face à cette situation qui touchent le privé et le public. La colère se transforme en brasier..

    Florence Bouquet

    IBODE Indignée
    Administratrice d'Entraide VAE IBODE

  • Légitimité

    Le 07 novembre 2019

    Valls, dans un moment d'égarement a signé un décret qu'il n'aurait jamais dû valider. Qu'est-ce qu'une IBODE? Une IDE (bac+3) ayant suivi 18 mois de formation (donc pas de niveau maîtrise) pour se voir reconnaître l'aide à l'exposition, à l'aspiration, à l'hémostase. 18 mois pour apprendre à aspirer, chacun jugera du ridicule de la situation, n'importe qui étant capable de tenir un écarteur, un fil ou un aspirateur, même sans être IDE..! La farce grotesque s'embourbe encore plus lorsque ces prétendues élites refusent à d'autres IDE, suivant 3 ans de formation de réaliser des plâtres ou des sutures en dehors des blocs opératoires. Il serait grand temps de reposer le problème sur la table, en supprimant l'exclusivité des aides sus-citées, dont le ridicule ne soutient pas l'analyse et en les orientant vers des gestes chirurgicaux bien plus techniques ou spécifiques.

    Dr Serge Rouchet

  • L’étendue de notre formation ibode

    Le 10 novembre 2019

    Mr Rouchet êtes vous docteur en médecine ou un chirurgien ? Apparemment vous ne connaissez pas l’étendue de notre formation ibode. La manière dont vous parlez des ibode est indécente et méprisante. D’après vous pas besoin de formation pour certains actes, même pas besoin d’être ide.

    Voulez vous que nous revenions au temps ou les secrétaires faisaient aide opératoire ? Pour les « plâtres » j’imagine que vous savez que les immobilisations ne sont pas sans risques pour les patients, et qu’il existe des gypsothérapeutes qui ont une formation spécifique. Les gestes chirurgicaux bien plus techniques ou spécifiques que vous nommez sont déjà dans les actes exclusifs. Ibode.

    Bourgeois Claire.
    "une prétendue élite sans maîtrise" . Plus communément nommé IBODE.


Réagir à cet article