Burn-out, suicide…Que se passe-t-il chez Technip ?

Paris, le mardi 7 août 2018 - Technip France a été assigné en justice par les syndicats CFDT et CGT en raison des risques psycho-sociaux encourus chez ce géant de l’ingénierie pétrolière et gazière.

« On est très inquiets pour la sécurité » du personnel, explique Christophe Héraud, délégué CFDT, à l’Agence France Presse. Il évoque des employés (cadres à 80 %), allant « extrêmement mal », « en arrêt pendant plusieurs mois » ou qui « négocient leur départ ».

Pire, trois salariés, sur les 3000 de Technip France, ont mis fin à leurs jours ces deux dernières années. Une de ces autolyses est survenue dans les locaux et a été reconnue comme accident de travail et une autre, perpétrée à domicile, a été liée à la situation dans la compagnie par l'Inspection du travail.

Autre stigmate du malaise : l’explosion du nombre de démissions passé d’une soixante par an à 140 dans les douze derniers mois.

A l’origine du malaise

Pour les représentants des salariés, ce sont les « réorganisations successives » depuis 2015 qui « ont fortement dégradé les conditions de travail » et, en particulier, la fusion avec l'Américain FMC Technologies, début 2017 qui aurait « renforcé » une situation « préexistante » de management maltraitant.

Le texte de l’assignation pointe en outre que « parfaitement avertie de l'insuffisance des mesures de prévention », la direction « persiste à nier les difficultés ».

Mais, après avoir contesté les expertises du CHSCT (Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail), la gouvernance de l’entreprise semble revoir sa copie. Ainsi, elle propose une médiation judiciaire alors que la procédure en cours est confortée par une mise en demeure de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l'emploi, pour « non-respect du principe général de prévention d'évaluation des risques » psychosociaux (RPS). Cette administration constate « une situation dangereuse » et donne six mois à cette société pour procéder à « une évaluation des risques (…) et mettre en œuvre un plan d'action ».

L'audience judiciaire, quant à elle, est prévue à Nanterre en septembre. Si elle a finalement lieu, la CGT et la CFDT réclameront de concert l’embauche de médecins du travail chargés de la prévention des risques psychosociaux, la création d’un dispositif de contrôle du temps de travail et l'ouverture de négociations sur le droit à la déconnexion.

Frédéric Haroche

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