Calculs après court-circuit gastrique pour obésité

La prévalence de l’obésité dans les pays développés ne cesse de croître. Le seul traitement efficace reste la chirurgie bariatrique dont la pratique a été multipliée par 5 en 4 ans.
La technique la plus répandue consiste en un court-circuit gastrique (CCG), une anse grêle en Y venant ventouser (en transmésocolique) un « petit estomac » après transsection de celui-ci et anastomose jéjuno-jéjunale au pied de l’anse. Cette intervention, qui vise à entraîner une malabsorption en excluant la plus grande partie du grêle fonctionnel, efficace en termes de perte de surpoids, connaît quand même certains aléas, dont une augmentation de l’excrétion d’oxalates dans les urines. La question abordée par les auteurs est celle de savoir si celle-ci se traduit ou non par des calculs rénaux.

Pour apporter la réponse, ils ont comparé deux groupes de 4 639 patients, le premier (GT) ayant subi un CCG, le second (GNT) composé d’obèses n’ayant pas subi cette intervention, les 2 groupes étant appariés par tranches d’âge (âge moyen 45 ans), sexe (80 % femmes), indice de masse corporelle (IMC)  maladies associées, etc. Tous les patients avaient un  IMC > 35 et ont été suivis pendant au moins 3 ans. Les sujets aux antécédents de néphropathie ou de lithiase rénale ont été exclus.

 

 

Des calculs rénaux ont été retrouvés chez 355 (7,7 %) patients du GT et chez 215 (4,6 %) du GNT (p<0,0001). Ils sont apparus en moyenne 18 mois après le CCG et n’ont pas eu de tendance particulière à la récidive. Un traitement de la lithiase (lithotripsie extracorporelle, et urétéroscopie surtout) a été nécessaire chez 153 sujets du groupe GT vs  43 du GNT (p<0,0001).

Le CCG augmente donc significativement le risque (x 1,8) de lithiase rénale chez les obèses, et encore plus chez les hommes > 45 ans ; le risque de lithiase requérant un traitement est même quadruplé en cas de CCG.

 

La pratique d’un court-circuit gastrique par montage d’une anse grêle en Y dans le traitement de l’obésité morbide expose dans les 3 ans postopératoires au risque de lithiase rénale et de gestes urologiques pour la combattre. En attendant de pouvoir édicter des mesures capables de prévenir cette complication, il importe d’en avertir les candidats à l’intervention.

 

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Matlaga BR. et coll. : Effect of gastric bypass surgery on kidney stone disease. J Urol., 2009;181: 2573-2577.

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