Canal lombaire étroit : l’acupuncture apporte un soulagement

Dans les pays asiatiques, l’acupuncture occupe une place importante parmi les moyens thérapeutiques. Elle est ainsi utilisée dans le traitement des symptômes liés au canal lombaire étroit, une affection chronique dégénérative au cours de laquelle les douleurs radiculaires traînantes occupent une place centrale. La solution radicale consiste à élargir chirurgicalement le canal lombaire, mais ceci n’est envisagé qu’en dernier recours après un bilan rigoureux chez des patients souvent âgés, voire très âgés. Dans cette attente, pour soulager le malade, on peut avoir recours certes aux antalgiques ou à la kinésithérapie, mais aussi à l’acupuncture.

Quatre-vingt patients randomisés

Concernant cette dernière, les preuves de son efficacité et de son acceptabilité ne sont pas si nombreuses, ce qui fait tout l’intérêt d’un essai randomisé dans lequel ont été inclus 80 patients âgés de plus de 50 ans, souffrant tous de douleurs lombo-radiculaires imputées à un canal lombaire étroit. Deux groupes ont été constitués par tirage au sort. Dans l’un, c’est l’acupuncture réelle qui a été utilisée, alors que dans l’autre, c’était une forme factice. Au total, 24 séances de l’une ou de l’autre ont été réalisées pendant 8 semaines. L’efficacité symptomatique des traitements a été systématiquement évaluée à l’état basal, puis aux temps suivants : 4ème et 8ème semaine, mais aussi 3ème et 6ème mois après la fin des traitements. Le critère de jugement principal était les variations constatées au questionnaire à 24 points dit RMQD (Roland Morris Disability Questionnaire) entre les scores établis à l’état basal et ceux de la fin du traitement. Les critères secondaires ont inclus le handicap, l’intensité de la douleur, les symptômes divers et leur impact en termes de dysfonctionnement au quotidien.

Avantage à l’acupuncture

La comparaison intergroupe au terme de l’étude est à l’avantage de l’acupuncture. Ainsi, dans le groupe traité, le score moyen au RMDQ a diminué de 4,1 points (intervalle de confiance à 95 %, IC 95 % -4,9 à -3,3), versus -1,5 (IC 95 %, -2,3 à -0,7) dans le groupe contrôle, soit une différence en valeur absolue de –2,6 points (-3,7 à -1,4) statistiquement significative. Par ailleurs, l’acupuncture s’est avérée supérieure au « placebo », sur les critères suivants, là aussi en termes de différence intergroupe : (1) intensité de la douleur au niveau des cuisses et des jambes: -2,9 [IC95 %, -3,8 à -2,0] et -2,3 [IC 95 %, -3,0 à -1,5] pour ce qui est des lombalgies ; (2) sous-échelle prenant en compte les symptômes : -0,9 [IC 95 %, -1,2 à -0,6] ; (3) sous-échelle prenant en compte le dysfonctionnement : -0,8 [IC 95 %, -1,1 à -0,5].

Cette étude randomisée suggère que l’acupuncture soulage rapidement et durablement les douleurs imputables à un canal lombaire étroit. L’effet symptomatique pour significatif qu’il soit ne saurait être que temporaire et épisodique : il est clair que le bénéfice clinique ne semble pas être suffisant pour répondre à cette affection chronique invalidante, dès lors que les symptômes allégués par le patient sont formellement rattachés à un canal lombaire étroit, ce qui n’est pas toujours chose facile.

Dr Philippe Tellier

Référence
Qin Z et coll. : Acupuncture vs Non insertive Sham Acupuncture in Ageing Patients with Degenerative Lumbar Spinal Stenosis: A Randomized Controlled Trial. Am J Med., 2019 : publication avancée en ligne le 13 septembre. doi: 10.1016/j.amjmed.2019.08.038.

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Vos réactions (1)

  • Evidence based médecine ?

    Le 14 novembre 2019

    Vous êtes sûrs que c’est efficace (cf article médecine chinoise et acupuncture).
    Il me semble que ce n’est pas de l’évidence based médecine !

    Dr Patricia Erbibou

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