Cancer du larynx : les troubles de la déglutition persistent longtemps après la radiothérapie

Dans certains cas, le cancer du larynx peut être traité exclusivement par radiothérapie. Si ce traitement est moins mutilant que la chirurgie, il n’en expose pas moins à des complications spécifiques, soit structurales, soit fonctionnelles qui peuvent avoir un retentissement important sur la qualité de vie, que ce soit à court, moyen ou long terme.

Une étude de cohorte rétrospective monocentrique a inclus 40 malades atteints d’un cancer du larynx traité exclusivement par radiothérapie  à  visée curative, entre février 2001 et juin 2004. Chez 32 participants, un transit baryté a été pratiqué à trois reprises (< 6 mois, entre 6 et 11 mois, à partir de 12 mois) pour évaluer : 1) la qualité de la déglutition ; 2) la présence ou l’absence d’un syndrome d’aspiration, silencieux ou cliniquement perceptible ; 3) les éventuels troubles de la phase pharyngée ; 4) les anomalies structurales. Ont été également pris en compte l’existence éventuelle d’une dysphagie avant le traitement, la nécessité d’une sonde gastrique pour l’alimentation, le stade et le site de la tumeur maligne,  enfin le recours à une chimiothérapie en association à la radiothérapie.

Sur les 32 malades qui ont bénéficié d’un transit baryté, 27 (84 %) présentaient un syndrome d’aspiration, silencieux près d’une fois sur deux (12/27 ; 44 %). La prévalence de ce dernier s’est avérée plus élevée sur les transits barytés réalisés plus de 12 mois après la radiothérapie. Les troubles de la phase pharyngée se sont révélés plus fréquents que les anomalies structurales (p<0,01). Dans la majorité des cas (78 %, 31/40), l’alimentation était réalisée au moyen d’une sonde gastrique, au moins à titre transitoire : elle a été enlevée par la suite chez un patient sur deux (52 %).

Aucune association significative n’a été mise en évidence entre le syndrome d’aspiration et les variables suivantes : site de la tumeur, classification, modalités de la radiothérapie ou encore données collectées avant le traitement. Les niveaux de dépendance du patient vis-à-vis de la sonde gastrique avant et après la radiothérapie ont été significativement associés (p=0,03). En revanche, l’existence d’une dysphagie basale n’a pas permis de prédire les troubles post-opératoires de la déglutition.

Cette étude rétrospective suggère que la dysphagie est d’une grande fréquence chez les malades atteints d’un cancer du larynx traité exclusivement par radiothérapie. Contrairement à toute attente, très peu de paramètres mesurables avant traitement ont été associés aux troubles de la déglutition de la période post-opératoire, notamment à long terme.

Dr Philippe Tellier

Référence
Hutchenson KA et coll. : Swallowing outcomes after radiotherapy for laryngeal carcinoma. Arch Otolaryngology Head & Neck Surg 2008; 134: 178-183.

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