Candor, nouvelle option pour les myélomes multiples en rechute ou réfractaires

L'impact positif du triplet carfilzomib/dexaméthasone/daratumumab (KdD) en cas de myélome multiple en rechute ou réfractaire (MMRR) a été démontré initialement dans l'étude de phase I MMY1001 (A Chari et al. Blood 2019; 134: 421-31) et a débouché sur l'essai international randomisé de phase 3 Candor comparant sur 466 sujets atteints de MMRR et traités par un classique doublet inhibiteur du protéasome + corticoïde (carfilzomib + dexaméthasone, Kd) ou par un triplet dans lequel était ajouté l'anticorps monoclonal anti-CD38 daratumumab (KdD).
 
Les sujets enrôlés dans Candor avaient reçu jusqu'à 3 lignes de traitement antérieures et obtenu au moins une réponse partielle à au moins une de ces lignes. Parmi ces patients (âge médian de 64 ans), 90,3 % avaient reçu antérieurement le bortézomib et 42,3 % le lénalidomide. Un tiers des patients étaient réfractaires au lénalidomide.

Les résultats présentés lors de la session Late Breaking Abstracts de l'ASH 2019 ont été obtenus dans le cadre d'un suivi médian d'environ 16 mois et indiquent que Candor a atteint son critère d'évaluation principal qui était la survie sans progression (PFS): médiane non atteinte pour le bras KdD versus 15,8 mois pour le bras Kd, correspondant à une réduction du risque de progression ou de décès de 37 % (HR [hazard Ratio] = 0,63 ; p = 0,0014).

Le gain en survie sans progression avec le triplet KdD était retrouvé dans les sous-groupes cliniquement importants pré-spécifiés, en particulier chez les patients précédemment exposés et les patients réfractaires au lénalidomide.

De plus, ce gain va de pair avec plusieurs autres bénéfices : taux de réponses objectives (84,3 % versus 74,7 %), taux de réponses complètes ou mieux (28,5 % versus 10,4 %) et, en particulier, taux de réponses complètes avec maladie résiduelle minime qui sont quasiment 10 fois plus élevés (12,5 % versus 1,3 %).

Versant sécurité d'emploi, l'incidence des effets indésirables de grade ≥ 3 était respectivement de 82,1 % et 73,9 % dans les bras KdD et Kd et l'incidence des effets indésirables graves de 56,2 % et 45,8 %. Les taux d'arrêts de traitement étaient similaires dans les deux bras, de l'ordre de 24 %.

Une insuffisance cardiaque de grade ≥ 3 a été constatée chez 3,9 % des patients dans le bras KdD et chez 8,5 % dans le bras Kd. Ce qui a conduit à l'arrêt du carfilzomib chez respectivement 3,9 % et 4,6 % des malades.

Cinq décès (pneumonie, septicémie, choc septique, infection par Acinetobacter et arrêt cardiorespiratoire) ont été signalés comme liés au traitement, tous dans le bras KdD.

Au total, la triple combinaison KdD est un nouveau schéma de traitement efficace des MMRR dont le profil bénéfice/risque est favorable.

Dr Jean-Claude Lemaire et Daniel Béard

Références
D'après la communication en session et en conférence de presse officielle de Saad Z. Usmani et coll. (#LBA-6).
61e réunion annuelle de l'American Society of Hematology/ASH (Orlando) : 7-10 décembre 2019.

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