Cardiopathies congénitales : quel est le risque d’hémorragie cérébrale ?

Le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique est augmenté chez les patients atteints d’une cardiopathie congénitale. Si cette notion est assez bien établie, il en est autrement pour le risque d’hémorragie cérébrale ou méningée. Une étude de type cas-témoins, réalisée en Suède, vient, dans une certaine mesure, combler cette lacune. Elle a reposé sur un registre national, en l’occurrence le Swedish Patient Register, qui a permis d’identifier les patients atteints d’une cardiopathie congénitale nés entre 1970 et 1993. Chacun d’entre eux a été comparé à dix témoins, choisis au hasard au sein de la population générale et appariés selon l’âge, le sexe et le comté. Le suivi a été examiné, dans les 2 groupes, jusqu’en décembre 2011.

Huit fois plus de risque que dans la population générale, mais un faible risque absolu

Sur les 21 982 patients constituant les cas, 70 ont développé une hémorragie cérébrale et 57 une hémorragie méningée avant l’âge de 42 ans. Par rapport aux 219 820 témoins, le risque de ces deux évènements majeurs est apparu très élevé, l’IRR (incidence rate ratio) étant estimé à 8,23 (intervalle de confiance à 95 %, IC, 6-11,2) pour le premier d’entre eux et à 7,64 (IC, 5.41-10,7) pour le second. En termes de risque absolu, les valeurs sont en revanche très faibles, respectivement 1,18 et 0,96 cas pour 10 000 sujets-années.

Le risque d’AVC hémorragique est apparu particulièrement élevé en cas d’anomalies conotronculaires sévères, avec un IRR de 16,5 (IC, 5,63-51,2) ou de coarctation aortique (IRR = 17,3 ; IC, 6,63-51,8). En termes de risque absolu, les valeurs correspondantes sont respectivement de 3,22 et 2,79 cas pour 10 000 sujets-années.

Cette étude cas-témoins de grande envergure suggère que le risque relatif d’AVC hémorragique est élevé (de l’ordre de 8) chez les enfants et les adultes jeunes atteints d’une cardiopathie congénitale. Une telle notion constitue une mise en garde, même si le risque absolu apparaît très faible. C’est en cas d’anomalies conotronculaires sévères ou de coarctation aortique que le risque relatif en question culmine avec des valeurs au voisinage de 17.

Dr Philippe Tellier

Référence
Giang KW et coll. : Long-TermRisk of Hemorrhagic Stroke in Young Patients With Congenital Heart Disease. Stroke 2018 ; 49 :1155-1162.

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