Ce n’est pas toujours drôle la fin de vie

Paris, le samedi 23 juin 2018 - Si pour le colonel Chabert « la mort c'est rouge. Et puis c'est bleu, et puis c'est froid », pour certains personnages qui ne sont pas sortis de l’imagination de Balzac, la mort ce n’est tout simplement pas drôle.

Après l’éviction de Virginie Calmels des instances dirigeantes des  républicains au profit de Jean Leonetti, co-auteur de la loi sur la sédation profonde et terminale, le patron des députés LREM, Richard Ferrand avait ironisé sur cette nomination, en soulignant, sur les réseaux sociaux que « bien connu pour ses travaux et réflexions sur la fin de vie, nul doute que Jean Leonetti pourra éclairer la direction du parti de Laurent Wauquiez sur son avenir ».

Invitée à réagir à cette saillie par  la chaîne parlementaire,  Annie Genevard, député du Doubs s’est indignée en qualifiant ces propos  de «  parfaitement indécents et même à certains égards ignobles ».
« Je pense à toutes ces familles qui sont concernées par la fin de vie d'un proche, et qui ont dû prendre cette réflexion vraiment avec beaucoup de rejet et d'amertume. On ne plaisante pas sur la question de la fin de vie » a renchéri, celle qui est vice-présidente de l'Assemblée nationale.

Détournant quelque peu le sens de la remarque de Richard Ferrand,  elle a persisté et signé en affirmant : « sur le plan politique, il y a vraiment une curieuse conception qui est vraiment éloignée de la démocratie (…) quand on souhaite la mort de son adversaire ».

F.H.

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Vos réactions (2)

  • Sagesse antique

    Le 23 juin 2018

    "La mort est un mal; ainsi en ont décicé les dieux, sinon ils seraient mortels" (Sapho).

    " Heureux l'homme qui meurt heureux" (adage grec classique).

    Dr YD

  • Ce qui nous blesse, ce n'est pas l'ironie, c'est la réalité

    Le 23 juin 2018

    Et pourquoi donc ne pourrait-on pas utiliser de manière railleuse la loi Léonetti pour évoquer l'agonie (supposée) du parti de Laurent Wauquiez ?
    Elle me fait peur, cette députée du Doubs, sinistrement rigide, qui censure le droit à plaisanter (sans mauvais goût) sur les sujets tragiques et douloureux. Je suppose que Molière et "Le malade imaginaire" susciteraient la désapprobation moralisatrice de cette Annie Genevard : le précieux Molière y moque (avec humanité et même tendresse) l'hypocondrie de nos chers et épuisants patients pithiatiques.

    Personnellement, je défends le droit de faire de la comédie avec les situations tragiques, de même que je défends les traditions qu'ont les internes de se moquer de leurs patrons dans des chansons mordantes, et de se gausser de leurs propres pulsions sexuelles au moyen de fresques salaces dans les salles de garde. Ce qui nous blesse, nous autres humains, ce n'est pas l'ironie, c'est la réalité. L'humour et l'ironie sont plutôt de nature à cicatriser nos douleurs.

    Dr Etienne Robin, néphrologue

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