Ceux qui ont « un spino » meurent davantage

La constitution de registres de cancers cutanés a permis à des dermatologues danois de suivre plus de 82 000 patients présentant un carcinome basocellulaire et plus de 13 000 patients présentant un carcinome épidermoïde (ou spinocellulaire) sur une période de 23 ans sur le plan de l’évolution dermatologique mais aussi quant à la cause des décès.

On retrouve, chez les patients qui ont présenté un ou des carcinomes basocellulaires, une diminution globale de la mortalité et une réduction modérée de cette mortalité au regard des maladies pulmonaires obstructives, des maladies cardiovasculaires et du diabète. En revanche, il existe un risque de suicide augmenté dans cette population de carcinomes basocellulaires. En ce qui concerne les patients porteurs de carcinomes spinocellulaires, il est constaté une augmentation globale de la mortalité due essentiellement aux décès par cancer, par maladie pulmonaire obstructive, par maladie cardiovasculaire et par maladie infectieuse.

Ces résultats, étonnants au premier abord, s’expliquent probablement par des différences de mode de vie entre les patients présentant l’un de ces deux types de cancers cutanés non mélaniques. Il est probable que les sujets atteints de carcinomes basocellulaires ont un niveau de vie plus élevé que celui des victimes de carcinomes épidermoïdes : ils ont ainsi plus fréquemment accès à des soins médicaux préventifs. Le risque accru de suicides dans cette population de carcinomes basocellulaires pourrait s’expliquer par le fait que pour les patients dépressifs, la recherche du soleil dont les effets sur la thymie sont connus, aboutirait à l’augmentation de la fréquence de carcinomes basocellulaires.

Dans la population atteinte de carcinomes épidermoïdes, il existe probablement un lien entre expositions solaires chroniques et  comportements à risque comme le tabagisme ou l’alcoolisme qui sont par ailleurs des facteurs de mortalité précoce.

Cette étude de cohorte confirme que les facteurs de risque de carcinomes basocellulaires et de carcinomes épidermoïdes sont différents selon la population concernée et ne sont probablement pas les mêmes quant au mode d’exposition solaire : expositions intenses et intermittentes en matière de carcinome basocellulaire et expositions chroniques en matière de carcinome épidermoïde.

Dr Patrice Plantin

Référence
Jensen AO et coll. : Mortality in Danish patients with non melanoma skin cancer, 1978-2001. Br J Dermatol 2008;159:419-25

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