Chirurgie ou TAVR, quel destin pour les bioprothèses aortiques ?

Le remplacement valvulaire aortique transcathéter (TAVR) est une alternative au remplacement valvulaire aortique chirurgical chez les patients à haut risque chirurgical qui ont un rétrécissement aortique sévère ou intermédiaire. Søndergaard et coll. ont tenté de comparer, dans l’étude NOTION, la durabilité des bioprothèses aortiques implantées par TAVR et celle des bioprothèses mises en place chirurgicalement.

Ont été inclus dans l’essai NOTION (Nordic Aortic Valve Intervention) les patients tout venants qui avaient un rétrécissement aortique sévère et qui avaient un risque peu élevé de décès opératoire. Après randomisation 1:1, ils ont été assignés soit au TAVR (n = 139) soit au remplacement chirurgical de leur valve aortique (n = 135).

Une détérioration structurelle moyenne/sévère de la bioprothèse aortique a été définie par la présence, trois mois après la procédure, d’un gradient moyen ≥20 mm Hg ou d’une augmentation du gradient moyen ≥10 mm Hg ou d’une régurgitation aortique plus que minime à l’intérieur de la prothèse aortique, que cette régurgitation soit nouvelle ou  se soit aggravée.

Une détérioration non structurelle de la bioprothèse aortique a été définie par la présence d’une inadéquation (mismatch) entre le patient et la prothèse, trois mois après la procédure ou par la présence d’une fuite paravalvulaire qualifiée de moyenne/sévère.

L’échec de l’implantation de la bioprothèse aortique a été défini par : un décès lié à la valve, une réintervention valvulaire, une détérioration structurelle avec retentissement hémodynamique grave.

Davantage de détériorations structurelles avec la chirurgie

Avec un suivi de 6 ans, la mortalité de toute cause est apparue semblable après TAVR (42,5 %) et remplacement chirurgical de la valve aortique (37,7%) (p = 0,58).

Le taux de détérioration structurelle de la bioprothèse aortique était plus élevé dans le groupe remplacement chirurgical de la valve aortique que dans le groupe TAVR (24,0 % vs 4,8 %; p < 0,001). En contraste, les taux de détérioration non structurelle de la valve (57,8 % vs 54,0 %; p = 0,52) et les taux d’endocardite (5,9 % vs 5,8 %; p = 0,95) étaient similaires dans les 2 groupes.

Le taux d’échec de l’implantation de la bioprothèse a été semblable après remplacement chirurgical de la valve aortique et après TAVR (6,7 % vs 7,5 %; p = 0,89), tout au long des six années de suivi.

Ainsi, lors des 6 ans de suivi de l’étude NOTION, le taux de détérioration structurelle de la bioprothèse aortique a été significativement plus élevé dans le groupe remplacement chirurgical de la valve aortique que dans le groupe TAVR, tandis que le taux d’échec de l’implantation de la bioprothèse était faible et semblable dans les 2 groupes thérapeutiques.

Dr Robert Haïat

Référence
Søndergaard L et coll. : Durability of Transcatheter and Surgical Bioprosthetic Aortic Valves in Patients at Lower Surgical Risk. J Am Coll Cardiol., 2019; 73: 546–53.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Réagir à cet article

Les réactions sont réservées aux professionnels de santé inscrits et identifiés sur le site.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.


Lorsque cela est nécessaire et possible, les réactions doivent être référencées (notamment si les données ou les affirmations présentées ne proviennent pas de l’expérience de l’auteur).

JIM se réserve le droit de ne pas mettre en ligne une réaction, en particulier si il juge qu’elle présente un caractère injurieux, diffamatoire ou discriminatoire ou qu’elle peut porter atteinte à l’image du site.