Chirurgie pour rupture du tendon d’Achille : le pour et le contre

La rupture du tendon d’Achille est une affection relativement fréquente. Des méta-analyses ont montré que le traitement chirurgical réduisait de 5 à 7 % le risque de récidive en comparaison avec le traitement non chirurgical. La chirurgie expose toutefois à d’autres complications, dont la fréquence est supérieure de 16 à 21 % à celle du traitement non chirurgical. C’est pourquoi l’incidence de la prise en charge chirurgicale s’est significativement réduite au cours des dix dernières années.
 
Pour en savoir un peu plus, une équipe hollandaise a réalisée une méta-analyse d’essais randomisés (n = 10) et d’études observationnelles (n = 19) publiés sur le sujet. Les 10 essais randomisés incluent 944 patients au total (6 %) et les 19 études observationnelles 14 918 patients (94 %).

Peu de différence finalement

Les données confirment que le traitement chirurgical est associé à une réduction significative du risque de récidive de rupture en comparaison de la prise en charge non chirurgicale (-2,3 % vs -3,9 % ; différence de risque 1,6 % ; risque relatif RR 0,43 ; intervalle de confiance à 95 % 0,31 à 0,60). Le risque de récidive de rupture ne varie pas selon que la remise en charge soit précoce ou tardive. Les données confirment aussi le taux supérieur de complications après la chirurgie (4,9 % vs 1,6 % ; différence de risque 3,3 % ; RR 2,76 ; IC 1,84 à 4,13). Il s’agit principalement de complications infectieuses, survenant dans 2,8 % des cas. En revanche, il n’existe pas de différence significative sur le taux de récidive de rupture dans les études où une rééducation accélérée avec recherche de l’amplitude de mouvement précoce a été mise en place (RR 0,60 ; IC 0,26 à 1,37).

Les auteurs remarquent qu’en tout état de cause, les récidives de ruptures sont rares, et la différence entre les deux types de traitement est faible. Si le traitement non chirurgical peut être privilégié, compte tenu du risque supérieur des autres complications post-opératoires et le bénéfice relativement faible de la chirurgie en terme de récidive de rupture, la décision finale devra être prise en fonction du terrain spécifique du patient et en concertation avec lui.
 

Dr Roseline Péluchon

Références
Ochen Y. et coll. : Operative treatment versus non operative treatment of Achilles tendon ruptures: systematic review and meta-analysis.
BMJ 2018;364:k5120

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Vos réactions (1)

  • Un manque

    Le 14 janvier 2019

    Il manque une donnée fondamentale dans cette étude, la chirurgie est elle percutanée ou par abord direct?

    Dr Jean-Louis Bernard

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